The news is by your side.

L’Etat, ce porteur d’eau qui fait fendre les politiques

0 1 942

L’affaire concerne au moins entre 4 à 5 millions de citoyens, dont des détenteurs de cartes RAMED, exclus des circuits économiques formels. Un réservoir qui vaut son poids en période électorale. C’est la raison pour laquelle le PJD, formation qui pilote la majorité au charbon, s’invite à la table pour toute opération de distribution des aides aux nécessiteux.

Pour ces pouilleux de la politique qui ont commercé avec les revendications exprimées par le mouvement du 20 février et qui ont galvanisé la foi pour en faire un vecteur d’accession au pouvoir, il n’est pas question que le ministère de l’Intérieur gère seul le pactole prévu pour les plus vulnérables d’entre nous. C’est à croire que les cadres de ce département n’ont d’objectifs que de se précipiter dans la course électorale à venir en se faisant valoir aux yeux des « assistés » pour qu’ils gagnent la mise.

Faux et archi-faux ! L’argument tombe de lui même si on considère que l’administration territoriale, avec les hommes et femmes qui la peuplent, est la seule structure étatique habilitée à « encadrer » une telle opération d’envergure. Et qu’elle serait disposée, le cas échéant, à subir la dure loi de la reddition des comptes.

A moins que l’état d’urgence sanitaire ne s’exprime autrement en mobilisant pour la tâche l’armée. Auquel cas, qui profitera du discrédit d’un département ministériel qui peine à faire sa révolution post-basrienne tout en conservant son caractère éminemment régalien ? Assurément personne. Et les plus démunis des foyers qui devraient se contenter du pécule compris entre 800 et 1200 Dh, n’ignorent pas le caractère politico-politicien d’une telle passe d’armes qui mine l’Exécutif de l’intérieur.

Dès lors, pour tout retard dans la distribution de ces aides, c’est le gouvernement qui sera tenu pour responsable. Avec ce que cela comporte comme risque de voir se diluer davantage le capital de confiance en nos politiques. 

D’ailleurs, il est fort à propos que de rappeler que c’est bel et bien le PJD qui avait mené tambour battant la campagne d’aide publique directe aux démunis. Laquelle est éminemment conditionnée par le verrou de la compensation des produits de première nécessité qui saute. Choix plus libéral que celui-là n’existe pas.

Mais même dans cette projection là, le parti majoritaire a échoué à dupliquer, pas à inventer, loin s’en faut, ce qui s’est réalisé avec pertinence et perspicacité au Brésil. Serait-ce parce que nos islamistes ont une dent contre l’ancien président brésilien de gauche Lula ? 

Saad Eddine El Othmani qui n’a pas la verve de son prédécesseur pour invoquer nombre d’espèces animales non endémiques pourrait se refaire une popularité en attaquant bille en tête le Makhzen. Ce qui relève du contre-sens, le gouvernement étant en soi l’émanation de cette même structure étatique qui a bon dos pour essuyer toutes les critiques.

Le Makhzen est bon et généreux lorsque l’ancien chef de gouvernement cuve sa retraite loin des yeux des contribuables. Mais il est foncièrement mauvais et vicieux lorsqu’il cherche à priver le PJD et ses leaders des cartouches avec lesquels il pourrait recharger ses accus pour mieux négocier les prochaines épreuves votatives. Et dans cette perspective-là, l’aide directe aux démunis devient une monnaie qui balaie toutes les autres. Un Louis d’or sans vertu. Dommage que l’on tombe si bas…

En ne voyant en l’Etat qu’un porteur d’eau juste bon pour étancher la soif de pouvoir de quelques politiques dénués de toute vision sociale et de toute stratégie économique viable. Quelle tristesse ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.