34% des ménages sans aucun revenu au lendemain du confinement

Près de huit ménages sur dix (79%) ont respecté entièrement les règles du confinement mises en place pour lutter contre la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19), alors que 34% des ménages se sont retrouvés sans aucun revenu au lendemain du confinement. Voici deux points phares qui ressortent de l’enquête sur “l’impact du coronavirus sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages, menée par le Haut-commissariat au plan (HCP). Décryptage des premiers résultats. 

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34% des ménages sans aucun revenu au lendemain du confinement

Le HCP a réalisé du 14 au 23 avril dernier une enquête pour suivre l’adaptation du mode de vie des ménages sous la contrainte du confinement. Compte tenu des circonstances du confinement et de l’état d’urgence sanitaire, elle a été réalisée par voie téléphonique en utilisant la méthode de collecte assistée par tablettes et a ciblé un échantillon de 2.350 ménages représentatif des différentes couches socio-économiques de la population marocaine selon le milieu de résidence, urbain et rural. 

Selon les premiers résultats de l’enquête 79% des ménages marocains respectent entièrement le confinement. Par milieu de résidence, ce sont 83% de ménages ayant respecté ces règles dans le monde urbain et 69% en milieu rural. La note précise également que 21% des ménages ont respecté partiellement le confinement (17% en milieu urbain et 29% rural), indiquant que le tiers des Marocains (34%) se sont auto-confinés avant la décision officielle de l’état d’urgence sanitaire, 54% ont commencé le confinement depuis l’adoption de cette décision, et 11% depuis la promulgation du décret-loi relatif à la déclaration de l’état d’urgence. 

Par ailleurs, le HCP souligne que la rupture du confinement est essentiellement due à des considérations économiques et professionnelles, précisant que 82% des personnes qui sortent du domicile pendant le confinement sont les chefs de ménage, 15% les personnes âgées de 25 à 59 ans, 2% les enfants de moins de 18 ans et 1% les personnes âgées de 60 ans et plus. 

Les principales raisons de sortie du domicile sont l’approvisionnement domestique pour 94% des ménages (95% pour le chef de ménage, 75% pour les adultes 25-59 ans, et 68% aussi bien pour l’époux (ses) du chef de ménage que pour les jeunes 18-24ans), le travail pour 30% des ménages (48% pour les personnes âgées, 40% pour les adultes, 33% pour les jeunes, 31% pour l’époux(ses) du chef de ménage, et 27% pour le chef de ménage). Il s’agit également des affaires administratives pour 10% des ménages (11% pour le chef de ménage, et 9% pour les personnes âgées), des besoins récréatifs pour 7% des ménages (50% pour les enfants de moins de 18 ans) et des soins médicaux pour 7% des ménages (32% pour les personnes âgées). 

L’enquête fait aussi ressortir que les symptômes du Covid-19 les plus connues par les chefs de ménage sont la fièvre, avec une part de 89%, la toux sèche (77%) et la dyspnée (64%). En revanche, 7% des ménages n’ont aucune connaissance de ces symptômes, 13% des ruraux et 4% des citadins, 12% dirigés par un chef sans niveau scolaire et 13% des ménages individuels.

34% des ménages sans revenu

Pour ce qui est de leur situation financière, l’enquête a révélé que 34% des ménages se sont retrouvés sans aucun revenu en raison de la pandémie : “34% des ménages affirment n’avoir aucune source de revenus en raison de l’arrêt de leurs activités au temps de confinement”.  

Cette proportion est légèrement plus élevée parmi les ruraux (35%) que parmi les citadins (33%), précise le HCP, notant qu’elle s’élève à 44% parmi les ménages pauvres, à 42% parmi les ménages de l’habitat précaire, à 54% parmi les artisans et ouvriers qualifiés, à 47% parmi les commerçants, et à 46% parmi les ouvriers et manœuvres agricoles. 

Par rapport à leur situation financière actuelle, pour 38% des ménages, le revenu couvre juste les dépenses, 39% en milieu urbain et 35% en milieu rural, 22% puisent de leurs épargnes (20% en milieu urbain et 26% en milieu rural), 14% recourent à l’endettement (12% en milieu urbain et 17% en milieu rural) et 8% comptent sur les aides de l’État pour couvrir leurs dépenses quotidiennes, 9% en milieu urbain et 5% en milieu rural. 

Pour les aides publiques aux ménages pour perte d’emploi, le HCP souligne qu’un ménage sur cinq (19%) a reçu une aide de l’État pour compenser la perte d’emploi : 13% dans le cadre du programme RAMED et 6% dans le cadre du programme d’aide aux salariés formels (CNSS). D’après les résultats de l’enquête, 49% des ménages affirment qu’au moins un de leurs membres actifs occupés a été contraint d’arrêter son activité, 40% d’entre eux ont reçu une aide de l’État ou de la part de l’employeur. 

Selon la source d’aide, 31% des transferts reçus proviennent de l’État à travers le programme d’aide aux salariés formels (CNSS), 34% en milieu urbain et 16% en milieu rural. Rapportés à l’ensemble des ménages marocains, la part des ménages bénéficiaires de ce programme d’aide s’élève à 6% à l’échelle nationale, 8% en milieu urbain et 2% en milieu rural. 

Quant à l’aide de l’État à travers le ciblage du programme RAMED, elle a été évoquée par 67% des ménages bénéficiaires, 63% en milieu urbain et 81% en milieu rural. A l’échelle nationale, cette proportion s’élève à 13%, 15% en milieu urbain et 9% en milieu rural, estime le HCP, soulignant qu’elle atteint 22% pour les ménages dirigés par des ouvriers et manœuvres agricoles, 19% par des ouvriers et artisans qualifiés, et 16% par des commerçants. 

Par ailleurs, le HCP fait savoir que 18% des ménages n’ayant pas perdu de l’emploi ont également bénéficié de l’aide de l’État, 13% en milieu urbain et 26% en milieu rural, ajoutant que ces ménages représentent 3,6% des ménages marocains. Enfin, près de trois ménages sur quatre (72%) bénéficiaires de l’aide de l’État, estiment que ces aides ne sont pas suffisantes pour compenser la perte des revenus, 75,9% en milieu urbain et 55,7% en milieu rural. Ce qui en dit long sur l’efficacité de l’application des mesures édictées pour faire face à cette pandémie. Affaire à suivre

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