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50è vendredi de marches en Algérie: Contesté, le système s’isole de plus en plus…

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D’Alger la Blanche à Annaba en passant par Constantine, l’élan de la contestation populaire ne faiblit pas.
Le 50ème vendredi du Hirak qui donne du fil à retordre au système décrié atteste de la vivacité du peuple algérien qui n’entend lâcher prise qu’une fois ses revendications prises en compte.
En tête desquelles figure, bien sûr, le démantèlement du système et l’éclipse de tous ses symboles. Mais aussi l’alternative souhaitée qui consiste en l’établissement d’un Etat démocratique et indépendant où les libertés individuelles sont respectées.
Tel est le contrat populaire qui est mis en évidence depuis le 22 février 2019, jour où les Algériens ont décidé de battre le pavé pour empêcher le cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika.

Les manifestants exigent aujourd’hui la libération de tous les détenus du Hirak qui croupissent dans les geôles et l’élargissement des journalistes et autres blogueurs que les sécuritaires tentent de dissuader de parler vrai. Rejoignant en cela l’appel lancé mercredi 29 janvier par la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) à la libération de tous les détenus d’opinion, estimant qu’ils «n’ont fait qu’exercer un droit fondamental», celui de s’exprimer pacifiquement. Tout en précisant que «la judiciarisation de la vie politique et associative n’est pas une solution à des questions éminemment politiques dont le traitement ne peut-être que politique, consensuel et dans le respect des libertés».

En cinquante semaines de suite, le peuple algérien a fait montre d’une grande résilience à vouloir changer le désordre dans lequel le pays est englué.
Si le Hirak n’a pas pu empêcher la dernière présidentielle, un des derniers avatars du système et de ses faux-fuyants, il a su sauvegarder sa vraie nature de contre-pouvoir qui force nolens volens le respect.

Aux quatre coins d’une Algérie qui résiste, les partisans du Hirak ne reculent pas et encore moins transigent-ils sur l’objectif premier du combat ainsi mené: le départ du système.
Un effondrement qui permettra de reconstruire une Algérie mutilée par le poids mort que représente l’Etat profond, lequel est soumis à un establishment militaire qui se croit tout permis. Y compris sa propension à vouloir semer le doute en annonçant l’arrestation d’un kamikaze qui voulait se faire exploser parmi les manifestants dans la capitale.

Une rouerie de plus ? En tout cas, il est loisible de voir la forte connivence qui lie les ailes du système, civile et militaire.
Mardi dernier, à l’heure où les étudiants battaient le pavé pour exiger le changement, le général-major Said Chanegriha avait apporté le soutien de l’armée aux «efforts nobles» du président Tebboune, adoubé par le défunt homme fort du système, Ahmed Gaid Salah qui chapeautait l’état-major algérien.
Devant Abdelmajid Tebboune, Président par défaut, S. Chanegriha a réaffirmé l’engagement total de l’ANP en faveur du développement du pays.
«Nous n’épargnerons aucun effort pour permettre à notre chers pays d’atteindre les objectifs souhaités, et restaurer son statut mérité aux niveaux régional et international. Vous nous trouverez toujours à vos côtés afin d’atteindre ces nobles objectifs», a-t-il insisté.

Le système algérien décrié partout et de toutes parts persiste à tourner le dos aux revendications des citoyens exprimées paisiblement.
En adoptant une telle posture, humiliante pour les partisans du Hirak, il ne fait que s’isoler davantage.
De quoi demain sera-t-il fait en Algérie ? Une question aujourd’hui sans réponse…
À l’exception de celle que livre au public le système en jouant sur la corde de l’usure de la contestation.

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