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67ème anniversaire de la Nakba : Le poids du désordre arabe

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Riyad n’en démord pas. Toute solution au Yémen doit nécessairement passer par la capitale des Al-Saoud qui ont réuni, pour la circonstance, une rencontre de paix à laquelle a pris part et le Président « légitime » d’une Felix Arabia désormais en proie à une guerre civile dont le potentiel destructeur s’est démultiplié avec les opérations de pilonnage « Tempête de fermeté » et le nouveau messi dominici de l’ONU en charge de dégager une solution à la crise yéménite.

Rien n’est plié d’avance pour les efforts de paix menés dans la région tant que la neutralisation des Houthis, alliés objectifs du Président déchu Abdallah Salah, n’est pas chose faite. La rivalité entre Riyad et Téhéran pour la domination régionale a donc pris une autre dimension, éminemment militaire, forçant les Saoudiens à abandonner leur démarche traditionnelle de « soft power », basée entre autres sur l’alimentation de conflits armés par procuration, au profit d’une intervention musclée dont le Yémen fait les frais.
Pour se donner bonne conscience, un sommet du Conseil de coopération du Golfe s’est tenu à Riyad en présence d’un hôte de marque : le chef de l’Etat français dont le déploiement militaire dans la région est un secret de polichinelle. Un sommet intervenu à quelques jours seulement d’une rencontre programmée à Camp David, aux Etats-Unis d’Amérique. Les commentateurs ont vu en cette francophilie du CCG la marque d’un repositionnement stratégique susceptible de faire pression sur l’allié historique américain, à défaut d’une rupture. Surtout que Paris s’est révélé comme un allié inespéré qui épouse la fermeté des pétromonarchies à l’égard d’un Iran à la veille de la conclusion d’un accord avec les puissances internationales sur son programme nucléaire civil. Et pour donner plus de force à une telle spéculation sur un changement de paradigme, l’absence du Roi saoudien du sommet de Camp David est soulignée au marqueur. Toujours est-il important de souligner que l’issue du rendez-vous américain n’aura pas abouti à une quelconque « révolution » dans la position de l’administration Obama. Celle-là même qui a accordé son blanc seing à l’opération militaire coalisée contre le Yémen en passe de tomber dans l’escarcelle de l’Iran. En effet, Washington serait disposé à armer davantage les pétromonarchies, voire à les intégrer dans la logique d’endiguement que les Américains promeuvent ailleurs (dans l’espace européen et eurasien) à grand renfort de « missiles anti-missiles ». Des batteries de Patriot pourraient faire leur apparition dans la région, sans compter ceux dont Tel-Aviv comme Ankara sont dotés, pour rendre service aux pays du CCG échaudés à l’idée de voir l’axe chiite les enfermer dans son étau qui s’étend de l’Irak au Yémen, en passant par la Syrie et le Liban. Si les Américains se déclarent prêts à défendre leurs alliés historiques, ce qui équivaut à une réaffirmation des fameux accords conclus à bord du Quincy (pétrole contre sécurité), c’est qu’il n’entendent nullement se désengager de la région, quand bien même leur puissance en hydrocarbures qui monte leur permettront d’agir en tant qu’exportateurs nets. Mais ce n’est nullement une raison pour laisser tomber un accord « rassurant » avec la puissance nucléaire qu’est devenu Téhéran. Car l’hyperpuissance US entend toujours régenter les affaires du monde en fonction d’une stratégie mouvante où seuls ses intérêts priment. Washington joue sur tous les tableaux en ayant en main plusieurs cartes. On spécule déjà sur l’importance des contrats d’armement qui sont de nature à tonifier le complexe militaro-industriel américain. Ce qui risque de faire passer les contrats scellés par Paris pour de la broutille. Mais dans tout ce remue ménage, le Machrek livre de lui l’image d’un baril de poudre qui n’en finit pas d’exploser : En Irak, en Syrie, au Yémen, c’est le terrorisme de Daech et consorts qui s’agite. Même l’Egypte n’est plus épargnée. Alors qu’Israël persiste dans son diktat en reléguant le 67ème anniversaire de la Nakba au rang de simple souvenir avec lequel le peuple palestinien est condamné à vivre. Loin de tout soutien arabe agissant. Comme quoi, le désordre actuel a chamboulé l’ordre des priorités…

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