8 éme édition des Assises de l’agriculture: Le grenelle du Fellah

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Les assisses de l’agriculture se sont tenues, comme chaque année, dans la ville impériale de Meknès en réunissant tous les acteurs et décideurs agricoles de divers continents.   Ayant pour thème central « inventer l’Agriculture du futur, un projet pour tous », cette rencontre  fut aussi l’occasion de faire un bilan à mi-parcours du plan Maroc vert et de tracer ses priorités pour les années à venir.

Lundi 27 avril, le monde agricole était convié au grenelle qui marque le démarrage du SIAM, évènement habituellement dédié à l’échange d’expériences, aux annonces des réalisations et perspectives. Aziz Akhannouch, ministre en charge de l’agriculture a saisi l’opportunité en faisant écho d’un bilan « très positif » à mi-parcours du plan Maroc Vert (PMV) et en annonçant une campagne céréalière record. Ce qui a donné un teint optimiste au reste de cette rencontre. L’objectif de ces assises étant d’avoir des retours d’expérience de grandes nations agricoles ayant réussi à faire de l’agriculture un secteur d’avenir pour leur économie, fédérant leurs jeunes et futures générations autour d’un secteur porteur. Ont été également mises à l’honneur les différentes opportunités que peut représenter la coopération agricole afin d’inventer une agriculture du futur moderne, attractive, compétitive et inclusive, au moment où le Maroc se positionne comme un véritable modèle pour l’Afrique. D’où la présence en force de plusieurs personnalités du continent, et à leur tête le président sénégalais Macky Sall qui n’a pas manqué de témoigner son admiration pour l’expertise marocaine. L’hôte du Royaume a noté que ces assises initiées sous le thème: «Inventer l’agriculture du futur, un projet pour tous» devraient répondre à la problématique de la durabilité de la ressource, soit nourrir les générations actuelles tout en veillant à sauvegarder l’intérêt des générations futures (9 milliards de personnes). Admirant aux premières loges la présentation haute en réalisations grâce au plan Maroc Vert, M. Sall a déclaré que le modèle marocain devrait inspirer nombre de pays africains. A ses yeux, le secteur occupe 65% de la population active en Afrique, mais il n’arrive pas à nourrir ses populations. Ce paradoxe s’explique par une production malheureusement non valorisée. L’appel de Sall aux gouvernements et aux producteurs à investir davantage dans la valorisation des productions, le stockage, la rationalisation de l’eau, la mécanisation, l’innovation, les semences certifiées et la formation, la lutte contre la spéculation des terres africaines fertiles, la construction de barrages et l’encouragement des petits exploitants. Ce sont là les défis de l’agriculture du futur et les assises représentent une belle opportunité pour encourager la coopération Sud-Sud concluait-il sa plaidoirie.
Foire aux chiffres
Comme cité plus haut, le ministre de l’Agriculture A. Akhenouch a profité de ces assises pour dresser un tableau exhaustif des réalisations 2008-2015 du PMV et de la dynamique insufflée par ce projet. Selon le ministre, le PMV a ainsi contribué à un vrai décollage de la valeur ajoutée du secteur confirmé par un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 7,6% pour la période 2008 à 2013, contre une moyenne de l’ordre de 4,4% pour le reste de l’économie nationale. Dans le même sens, le plan lancé en 2008 a permis au pays de se positionner en troisième position au rang des exportateurs de produits agricoles dans la région Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) et en quatrième position en Afrique. «Le PMV a contribué au renforcement des exportations, spécialement en ce qui concerne l’huile d’argan, l’huile d’olive, la tomate, les clémentines et les olives.» a déclaré le ministre. Les exportations agricoles ont ainsi progressé de 34% sur cette période. Pour ce qui est du PIB agricole, il a atteint 109,9 milliards de Dhs au titre de 2013, soit une hausse (par habitant) de 48% dans le milieu rural. Selon le département de l’Agriculture, les conditions de vie et les revenus des agriculteurs ont également connu une amélioration significative caractérisée par une diminution de la part de la population souffrant de malnutrition passée de 7,1 % en 1990 à 4,9 en 2015, ainsi qu’une quasi disparition de la part de la population souffrant de la faim en zone rurale qui a reculé de 4 points, représentant aujourd’hui 0,5 % de la population contre 4,6 % en 1990. Dans ce sens, plus de 500.000 agriculteurs ont bénéficié d’aides et d’accompagnement dans le cadre du pilier I du PMV a noté le ministre et l’investissement agricole a été multiplié par 1,7 sous la houlette du pilier II. Le Plan Maroc Vert a également réussi à diminuer sa dépendance et sa fragilité face aux aléas climatiques, à travers notamment une augmentation des plantations à forte valeur ajoutée de l’ordre de 37 %, une meilleure optimisation de la valeur ajoutée agricole avec une augmentation de l’ordre de 3.500 Dhs par hectare pour ce qui concerne la surface irriguée, l’équipement de plus de 250.000 hectares en système d’irrigation localisée goûte à goûte. Le ministre a fait état aussi de la plantation annuelle de 13 millions d’arbres fruitiers dont la réussite reste liée à la mise en place d’une vision de l’agriculture du futur, une agriculture efficace, globale, compétitive, respectueuse de l’environnement et de qualité.
Cap sur le futur
L’année 2014 a constitué une étape charnière dans la réalisation du Plan Maroc Vert de par le lancement d’initiatives majeures dans l’optique de modernisation du secteur agricole. L’investissement consenti pour le renforcement de la gestion des ressources hydriques et de l’irrigation de 2,7 Mrds Dhs en est le parfait exemple. De même, pour ce qui est de l’amélioration de la traçabilité, qualité et assurance des produits agricoles (pour l’élevage, 3 millions de têtes bénéficient d’une traçabilité totale), et une poursuite des efforts et engagement en faveur d’une agriculture solidaire, viable et durable. A moins de 5 ans de son achèvement, le Plan Maroc Vert amorce une nouvelle phase qui vise la pérennisation d’une dynamique forte et nouvelle insufflée à l’agriculture nationale. Le maintien du cap stratégique de cette stratégie ambitieuse permettra au Maroc d’asseoir durablement une agriculture du futur articulée autour de 5 critères fondamentaux, à savoir la performance, une vocation humaine et inclusive, la compétitivité à l’international, la durabilité et protection de l’environnement, et la mise en place d’une agriculture garante d’une plus grande disponibilité alimentaire de produits de qualité. Ces 5 leviers feront de l’agriculture de demain, un secteur à même de jouer pleinement le rôle de moteur et de levier de développement économique et social. Dans le détail, le ministre a annoncé pour la période 2015-2020 une batterie de mesures à même de répondre aux défis du futur. Aussi et dans le cadre du pilier I, on devrait assister à la multiplication par 2 à l’échéance 2020 des investissements orientés vers l’aval, la rationalisation du périmètre irrigué pour in fine augmenter la valeur ajoutée des terres irriguées de plus de 4.000 DH/ha (3.500 DH actuellement), ainsi que le doublement des exportations agricoles. S’agissant du pilier II, il sera question de pérenniser les acquis à travers le lancement de nouveaux projets. Ceux-ci visent à multiplier par 2 les revenus et rendements des projets initiés dans le cadre de l’agriculture solidaire. Ils permettront également de faire reculer la pauvreté en milieu rural avec de nouveaux projets adaptés à cet environnement, et poursuivre la structuration de la petite agriculture avec notamment la création de plus de 10.000 coopératives agricoles. L’objectif annoncé est d’atteindre un PIB agricole de 150 milliards de DH à l’horizon 2020 pour un besoin en investissements de près de plus de 100 milliards de DH.

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