A. Benkirane en appelle au Roi: Déblocage politico-institutionnel à quel prix?

0 24
Abdelilah Benkirane, Chef de gouvernement désigné, est en proie à un dilemme qui donne l’urticaire à la direction du PJD. Rien de plus normal au regard de la complexité de la tâche à laquelle le chef de file des islamistes a été appelé : négocier pour s’assurer une majorité de gouvernement. Si tout souriait à A. Benkirane à l’issue de la proclamation des résultats des élections législatives, sa formation ayant réussi à disposer du jackpot, il n’en reste pas moins que ses tergiversations devaient induire un surcoût auquel le PJD n’était pas préparé.
Car voilà que le parti majoritaire « arithmétiquement » se retrouve dans une position «minoritaire» face à ses rivaux politiques qui conditionnent tout « déblocage » des négociations par l’acceptation de l’USFP comme composante de la majorité devant aller aux affaires. Un oukase qu’A. Benkirane rejette de toutes ses forces en assurant qu’il a été assez loin dans les concessions en acceptant d’un côté de mettre un terme un pacte qui le liait à l’Istiqlal et de permettre l’élection de Habib El Malki, une des figures socialistes, à la présidence de la chambre des représentants. « J’attends toujours les réponses du RNI et du MP » devait rappeler le Chef de gouvernement désigné qui, face à ce qu’il assimile à des « tergiversations qui bloquent le processus de négociations politiques », n’attend plus que le retour du Roi pour en appeler à son arbitrage.
Et la direction du PJD de lui apporter son soutien en faisant grand cas du discours du 9 mars de 2011 qui fait choix du renforcement du processus démocratique dans le pays.
Autant dire que les membres de la direction du PJD considèrent que «le blocage» actuel n’équivaut in fine qu’à une quête de pourrissement de la situation politique susceptible de remettre en cause l’option démocratique. La question qui se pose dès lors serait de savoir si
A. Benkirane, incapable de réunir la majorité requise pour gouverner alors que le processus a été lancé il y a cinq mois, se résoudra à rendre le tablier. Car même si ses alliés de l’ancienne majorité se sont abstenus de faire tout commentaire sur les derniers développements auxquels les tractations auraient abouti, c’est pour mieux assurer la pression sur le Chef de gouvernement désigné qui assume pleinement la responsabilité du blocage actuel en faisant de l’USFP son abcès de fixation. A. Benkirane et ses affidés ruent dans les brancards. Depuis que le PAM, formation qui le talonne en termes de sièges obtenus, a choisi de jouer dans les travées de l’opposition. De quoi savourer pleinement sa revanche !

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus