«Le Printemps américain» ou les raisons de la colère

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Le soulèvement des « loosers » de l’ultralibéralisme
Le soulèvement des « loosers » de l’ultralibéralisme 

En Amérique, là où l’une des fortunes « planétaires » avait annoncé sans ciller que « la lutte des classes existe, c’est nous qui l’avons gagnée », les ingrédients de la colère sont réunis pour faire exploser la marmite. Rien que les conséquences de la pandémie mondiale, mal gérée par l’establishment US, ont produit pour au moins 30 millions de chômeurs. On est dès lors loin du miracle « économique » sur lequel Donald Trump comptait surfer pour rafler un second mandat. Excédés par les pires inégalités que le libéralisme sauvage puisse engendrer, les « perdants » ne peuvent que se joindre à la colère des Afro-américains que le système « Waps » déclasse par couches successives depuis l’ère révolue de l’esclavage. Voilà où conduit le servage des temps « post-modernes » et « trans-humains » : celui qui consacre la religion de l’individu contre la collectivité.

L’hôte de la Maison Blanche n’hésitant plus à afficher le vrai visage de ce qu’il est. Un Prince qui cherche à durer quel qu’en soit le prix, y compris l’arrestation des manifestants par milliers qu’il condamne déjà à dix ans de réclusion. L’Oncle Sam est nu.

La colère qui a explosé à Minneapolis, dans le Minnesota, après le décès lundi dernier de cet homme noir de 46 ans aux mains d’un policier blanc, s’est rapidement propagée à tout le pays, de Miami jusqu’aux abords de la Maison-Blanche à Washington.

Muriel Bowser, maire de Washington DC

“Chaque Américain devrait être indigné par le meurtre de George Floyd […] Je veux implorer les habitants de D.C. à réfléchir aux moyens de faire partie de la solution, pas de la destruction”

Des couvre-feux ont été décrétés dans plusieurs villes, comme Houston et Los Angeles, et des milliers de soldats de la garde nationale ont été déployés dans quinze États et à Washington.

« Je suis chassé comme une proie » lance un chanteur de gospel de… 12 ans !

« Je chante juste ce que j’ai sur le cœur. » C’est avec ces mots que le jeune Keedron Bryant, un chanteur de gospel âgé de 12 ans, a partagé, mercredi 27 mai sur Instagram, une chanson sur la mort de l’Afro-Américain George Floyd, asphyxié lors d’une interpellation policière.

«Silence, on réprime !»
Comment le système tente de museler les médias US
Interpellation du reporter de CNN, Omar Jimenez,  menotté par des policiers en plein direct à Minneapolis

Des journalistes ont été pris à partie dans plusieurs villes des Etats-Unis lors des manifestations de ces derniers jours en réaction à la mort de George Floyd. S’ils échappent aux tirs des balles en caoutchouc et autres bombes lancées par la police, ils subissent agressions et arrestations. Triste spectacle que celui qu’offre l’Amérique qui s’évertue, y compris par les invasions militaires, à promouvoir les vertus de la démocratie.

Depuis son élection, le chef de l’Etat s’en prend régulièrement aux médias, accusés de déformer la vérité, voire de fabriquer de fausses informations dans le but de lui nuire. Il les a régulièrement qualifiés «d’ennemis du peuple», avec une mention particulière à CNN, sa cible favorite.

Polémique
Susan Rice accuse la Russie de vouloir «désintégrer» les USA

Susan Rice, ancienne conseillère démocrate à la sécurité nationale des Etats-Unis sous la présidence de Barak Obama, a accusé Moscou de manipuler les émeutiers américains. Moscou dénonce «des méthodes sales de manipulation de l’information».

Susan Rice, ancienne conseillère démocrate à la sécurité nationale  sous la présidence de Barak Obama

«Nous avons des manifestants pacifiques concentrés sur la douleur et les disparités très réelles contre lesquelles nous luttons tous et qui doivent être combattues, puis nous avons des extrémistes qui sont venus pour essayer de détourner ces manifestations et de les transformer en quelque chose de très différent»

«Essayez-vous de rejouer la carte Russie ? Vous [la] jouez depuis trop longtemps ; s’il vous plaît, revenez à la réalité. Sortez et faites face à votre peuple, regardez-le dans les yeux et essayez de lui dire qu’il est contrôlé par les Russes via YouTube et Facebook. Et je vais m’asseoir et regarder « l’exceptionnalisme américain » en action»

Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe

«Nous surveillons certainement très attentivement ce qui se passe aux Etats-Unis. Mais tout ce qui se passe là-bas relève des affaires internes de ce pays. Nous ne nous sommes jamais mêlés des affaires américaines et nous n’allons pas interférer maintenant…Toute spéculation comme celle [de Susan Rice] est clairement fausse et erronée. D’après ce que nous comprenons, une telle spéculation ne peut pas refléter la position officielle de Washington.»

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

Réactions
A Téhéran, Caracas et Pékin, Washington en prend pour son grade !

Habitués aux piques américaines visant leur situation intérieure, l’Iran, la Chine et le Venezuela n’ont pas mâché leurs mots sur la situation explosive aux Etats-Unis depuis la mort de George Floyd.

S’ils formulent régulièrement des critiques visant la politique intérieure de pays étrangers, les Etats-Unis sont cette fois eux-mêmes la cible de remontrances de ce type. En cause : la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, lors de son interpellation à Minneapolis, et les manifestations, heurts avec les forces de l’ordre, émeutes et pillages qui se sont ensuivis dans de nombreuses grandes villes américaines depuis une semaine. Régulièrement tancés par Washington pour leur situation en matière de démocratie, d’Etat de droit ou de droits de l’homme, la Chine, l’Iran et le Venezuela ont fait des déclarations sans concessions au sujet des tensions qui font rage aux Etats-Unis.

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