“American way for life” dites-vous? 

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“American way for life” dites-vous ? 

Il se trouvait bien des commentateurs qui imputaient les dérives meurtrières scénarisées par Daech a la surconsommation du Captagon. Mais comment pourrait-on expliquer les dérapages sécuritaires qui ont défrayé la chronique depuis plusieurs jours aux Etats-Unis d’Amérique, cet empire qui a assis toute sa rhétorique guerrière sur une volonté messianique d’exportation franco de port des valeurs de la démocratie et des droits humains partout ou les corps expéditionnaires US étaient appelés à occuper des pays pourtant souverains ? La mise a mort de George Floyd, mort étouffé sous une « clé » de close-combat qu’un policier s’est évertué, lui aussi, à scénariser, ne fait que traduire les termes de la « gestion de la sauvagerie » dans les terres de l’Oncle Sam. On comprend dès lors que cet assassinat extrajudiciaire de plus, qui a eu lieu sur la voie publique à Minneapolis, prenne les formes d’une exécution de trop. 

Le peuple américain, cet arc-en-ciel qui a fait nation au nom générique de melting pot réussi, ne pouvait rester froid face a une actualité incandescente. Celle qui, sous une administration républicaine dévoyée par l’affairisme de son chef, ne trouve plus d’excuse a ses malheurs. Quand bien même le chef de l’Etat annonce ex-cathedra qu’il ne fait rien pour rien. Son soutien aux pétromonarchies se mesure, assure-t-il, à leur capacité à mettre la main à la poche pour faire, à coup de milliards de dollars de commandes, le bonheur du complexe militaro-industriel. Et dans la foulée, sauver les jobs en Amérique Donald Trump qui va jusqu’à avilir les monarques qui se prêtent à son jeu de protecteur incontournable, le cas saoudien est à méditer, entend faire valoir tout autant à ses soutiens qu’a ses détracteurs qu’il fait du « bon boulot ». En Syrie, il maintient des points d’appui militaires parce qu’il aime… l’or noir. Un Président « bling-bling » de plus qui, aux mains d’une mannequin, a fait dans la danse du sabre à Riyad pour avaler sa langue lorsqu’un journaliste saoudien, lequel a rendu bien des servies à l’Amérique, trouva une mort atroce dans le consulat de l’Arabie à Istanbul. Qui sait, au rythme où vont les choses, les scies à découper les humains peuvent remplacer la panoplie high-tech dont on affuble les policiers US. Comme ceux que l’on a vu, vendredi, arpenter les artères de Buffalo lorsque des policiers ont envoyé d’une pousse un septuagénaire valdinguer la tête contre terre. Un spectacle gore… 

Comme ceux que bien des productions hollywoodiennes réussissent à promouvoir sur le marché des « biens culturels » qui font Soft power. Mais le soulèvement qui a court aujourd’hui tout le long de l’empire US a tout, lui, du hard. Est-ce si dur de pouvoir saisir ce qui agite les Américains, par-delà leurs composantes, en ce début de millénaire ? 

Qui aurait cru que l’Empire, celui qui vit encore sur ses acquis d’hier, soit à ce point surpris par le coronavirus alors que moultes rapports, confidentiels ou non, laissaient entendre que la Planète n’était pas à l’abri de pandémies mortelles, pour ne 

pas dire plus ? Pourtant, la puissance US a été prise de court. Et son establishment que l’arrogance aveugle n’a rien vu venir jusqu’au jour où on commença à empiler les cercueils au niveau des Etats et à ordonner à ce qui fait la fierté de la projection en mer de la puissance américaine de rentrer à la base pour soigner les équipages atteints de Covid-19… D. Trump n’a rien trouve de mieux que de taxer la pandémie de « virus chinois » tout en se désolidarisant de l’Organisation mondiale de la sante qui n’aurait pas fait son job : avertir les USA en primeur. Toutes ces défaillances-là, inhérentes a une administration plus réactive que proactive, ne pouvaient berner une opinion qui a du mal à joindre les deux bouts (80 millions de pauvres aux USA) et qui n’arrive pas a comprendre comment le système en place donne plus aux riches (Forbes a affirmé que les fortunes US ont profite largement lors du confinement pour grappiller des milliards de dollars de plus) qu’aux travailleurs qui, coronavirus oblige, ont du s’inscrire au chômage dont les chiffres donnent le tournis : ils sont 40 millions au bas mot. 

Le moteur de l’Empire cale. Faut-il des lors diaboliser les manifestants qui protestent contre le peu d’empathie affichée a leur égard par un système qui ne loue que ses « winners » ? Les USA ont quelque chose de détraqué qui dépasse l’entendement de l’empire financier baptise Black Rock et de ses janissaires affublés de noms aussi sinistres que Black Water, etc.il est normal de voir de la sorte le vernis démocratique se dissoudre à la moindre secousse. Ce qui traduit une peur bleue qui habite l’establishment. Celui-là même qui a vu ses « bonnes feuilles » étalées au grand jour par des lanceurs d’alerte aujourd’hui traques comme des criminels. Et qui s’empresse de rogner sur la liberté de la presse de peur de se voir dans le miroir : sous son jour le plus hideux. Alors, American way of life, dites-vous ? 

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