A quelque chose malheur est bon: Et si le Maroc tirait profit du coronavirus

Au-delà des secteurs du transport aérien, du tourisme, de l’industrie du pétrole qui connaissent une diminution certaine de leurs activités, d’autres sont en passe de vivre un ralentissement redouté par l’ensemble des acteurs économiques et politiques à travers le monde.

La fébrilité a d’ores et déjà touché l’univers de la finance puisque les principales places boursières, allant de Tokyo, à New-York en passant par Paris, Londres ou Francfort ont enregistré des baisses significatives allant de 3 à 5 % ce lundi 24 février 2020. Des organismes tels la Banque Mondiale, le FMI ou encore la BCE commencent à mesurer l’impact négative de la propagation de ce virus sur la croissance mondiale.

Les gouvernements, tout en se montrant mesurés pour ne point accentuer l’inquiétude qui se ressent de plus en plus, avancent des taux de croissance revus à la baisse ce qui n’est pas sans liens avec les bilans affichés ici et là et par conséquent sur les échéances électorales à venir.

Qu’elle se réveille où qu’elle somnole, la Chine fait trembler le monde…

Après avoir poussé à l’extrême la mondialisation qui va de pair avec la Nouvelle Division Internationale du travail ( la NDIT) inaugurée il y’a presque 50 ans, les économies occidentales découvrent à leur détriment leur vulnérabilité et même leur dépendance de la Chine. Elles redoutent de plus en plus les conséquences de la panne de cette économie sur leurs propres croissances synonyme de création de richesses et d’emplois. Il faut dire que tous les secteurs sont impactés. De la haute technologie avec les inquiétudes d’Apple sur l’assemblage de ses produits dans l’usine de Zhengzhou de Foxconn en Chine, au textile de basse et de moyenne gamme, la rupture des chaines d’approvisionnement « made in china » est leur talon d’Achille.

A titre d’exemple Valleo, fabricant des composants automobiles travaillant pour le compte de la quasi-totalité des marques de voitures sous traite pas moins de 400 composants dans l’empire du Milieu. Chaque grain de sable dans cette machinerie est c’est la panne généralisée pour tout le secteur automobile.

Taxé de farfelue et au mieux de probable prémonition, l’essai d’Alain Peyrefitte « Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera » publié en 1973, est toujours d’actualité.
Dès lors pour les entreprises européennes, il est grand temps de changer de stratégie. Piqués au vif par la répétition de ces couacs, Fukushima au Japon, l’épidémie du SRAS, les géants économiques du Vieux continent et du « nouveau monde » sont en passe de chercher des usines ailleurs qu’en Asie de l’Est pour mieux assoir leurs sources d’approvisionnement.

En ajoutant le coût du transport et ses délais ( 40 jours pour être livré ), celui de la main d’œuvre chinoise en constante augmentation, l’empreinte carbone, la guerre commerciale entre les États-Unis de Donald Trump et la Chine, les pays de l’UE…en somme le mille-feuilles commence à faire frémir les conseils d’administration.
C’est ainsi qu’il est question de relocaliser la fabrication non loin des grandes aires de consommation. Et parce qu’il n’est pas question de se réinstaller en Europe Occidentale dont les coût demeurent exorbitants, l’Europe de l’Est et les pays du Maghreb ont une belle carte à jouer. Avec des atouts géographiques, humains, une infrastructure moderne, le Maroc peut se positionner dans cette réflexion et drainer plus d’IDE pourvu qu’il s’en donne les moyens. La réflexion menée par la commission Ben Moussa a du pain sur la planche. Mais le jeu en vaut la chandelle.

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