Les attaques « politiques » des Shebabs

Chassés de Mocadiscio en 2011, les shebabs somaliens ont mené ce jeudi 9 juin une attaque éclair contre une base éthiopienne de l’Amisom, la force de l’Union africaine en Somalie. Il s’agit de la dernière en date après celles contre les contingents burundais, ougandais et kényans. Une attaque qui n’est pas sans arrière-pensée politique puisque l’exécutif actuel, déjà miné par des scandales de corruption et de favoritisme, est sur le départ et que l’élection présidentielle doit intervenir avant la fin de l’année dans un pays structuré en clans et sous-clans. En effet, près de 13 000 « grands électeurs » nommés par les chefs traditionnels devront nommer un Parlement qui à son tour nommera un président.
D’ailleurs, force est de rappeler que les Ethiopiens ne sont pas très populaires dans le pays. Les deux peuples entretiennent une rivalité, historique qui remonte à la présence britannique. En 1948, les administrateurs britanniques avaient octroyé la province de l’Ogaden à l’Ethiopie (à l’origine d’une guerre de reconquête perdue en 1977 par la Somalie).
Le gouvernement qui siège à Mogadiscio contrôle avec l’Amisom la capitale et ses alentours, les grands axes routiers, plusieurs villes côtières, notamment le port stratégique de Kismayo, et la zone frontalière avec le Kenya. Des milices claniques appuyées par les troupes éthiopiennes contrôlent, elles, la plus grande part de la zone frontalière avec l’Ethiopie, mais aussi la zone bordant la région semi-autonome du Puntland, au nord. Quant aux shebabs, ils contrôlent quant à eux de nombreuses zones rurales, où ils se mélangent à la population. Les jihadistes ont également des cellules dormantes dans les zones urbaines, évidemment à Mogadiscio.
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