Attentat contre le Premier ministre irakien : Le Hezbollah y voit M. Kazimi principal bénéficiaire

« Le Premier ministre tente de placer l’Irak entre deux choix, celui de sa reconduction ou celui de mettre l’Irak au bord du gouffre », a dénoncé le porte-parole des Brigades Hezbollah d’Irak Mohamad Mohyi lors d’une interview avec la chaine de télévision libanaise d’information al-Mayadeen. Selon lui, M. Kazimi a perdu tout espoir d’un nouveau mandat après le crime perpétré contre les manifestants.
La semaine passée, les forces de sécurité ont ouvert le feu contre des centaines de protestataires qui manifestaient contre les résultats des législatives d’octobre dernier, qu’ils accusent qu’ils ont été truqués et réclament un recomptage manuel. « Kazimi est rejeté de la plupart des forces politiques. Et le fait qu’il reste au pouvoir en échange d’un compromis est irréaliste », a-t-il ajouté.
La désignation d’un nouveau gouvernement est l’étape qui doit suivre les législatives et il semble que M. Kazimi ne fait pas l’unanimité pour être désigné à sa formation.
Interrogé sur une éventuelle implication de son organisation dans l’attaque perpétrée contre la maison de M. Kazimi, dans la zone verte, M. Mohyi a nié en assurant que « cela ne fait partie pas notre manière d’agir. Nous pensons que Kazimi en est le premier bénéficiaire». Selon lui, « les scènes des manifestants qui soutiennent les factions irakiennes à proximité de la zone verte ont irrité les Etats-Unis qui ont alors essayé de renverser la donne ».
Toutes les forces en Irak sont pleinement conscientes que la situation en Irak ne supporte pas les aventures, a-t-il souligné et « l’entente est la meilleure issue ».
Le responsable de ce groupe paramilitaire qui fait partie de la coalition des forces de mobilisation populaire du Hachd al-Chaabi qui a combattu Daech avec l’aide de conseillers iraniens, estime que les Etats-Unis considèrent la résistance et le Hachd al-Chaabi comme étant leur principale menace depuis la fin de Daech.
Selon lui, l’équipe conduite par M. Kazimi, sous les injonctions de l’ambassade des Etats-Unis, n’en a cure de trainer l’Irak vers la guerre civile. « Les USA savent très bien que ceux qui entravent les projets de normalisation dans la région est l’axe de la résistance », a-t-il conclu.
Farouchement hostile au maintien des forces US en Irak, depuis l’assassinat de l’ex-numéro deux Hachd al-Chaabi, Abou Mahdi al-Mohandes, au côté de l’ex-chef de la force al-Qods des gardiens de la révolution iranienne, le Hezbollah d’Irak a plusieurs fois menacé de les combattre pour les forcer à sortir. En fonction d’un accord conclu avec M. Kazimi le mois de juillet dernier, les troupes US devraient être évacuées à la fin de l’an.

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