Changement climatique: Une surchauffe qui alarme l’Organisation météorologique mondiale…

L’année 2019 est hors norme, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son rapport annuel sur l’état du climat mondial, publié mardi 10 mars. Il s’agit en effet de la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée alors que nombre d’alertes s’étaient multipliés ces derniers mois.

L’OMM souligne que la planète a enregistré en 2019 une température plus élevée de 1,1°C en moyenne par rapport à la période préindustrielle, plaçant cette année juste derrière 2016 en matière de record de température. «Nous sommes actuellement hors course par rapport à l’objectif fixé dans l’Accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement à 1,5 ou 2°C», met en garde le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Dans son ensemble, la décennie 2010-2019 est la plus chaude relevée depuis le début des enregistrements. L’OMM relève également que la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée. En 2018, elle atteignait en moyenne 408 parties par million (ppm), alors qu’à l’époque préindustrielle elle se situait autour de 280 ppm. Des résultats préliminaires suggèrent que cette concentration a continué à progresser en 2019. «Etant donné que les niveaux de gaz à effet de serre continuent à augmenter, le réchauffement va se poursuivre. Une projection récente indique qu’un nouveau record annuel de la température globale devrait se produire dans les cinq années à venir», affirme Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM. 

En 2019, dans les océans, plus de 80% ont subi au moins une vague de chaleur au cours de l’année écoulée, ce qui contribue à perturber les écosystèmes marins, les récifs coralliens en tête. Le réchauffement favorise aussi la dilatation des océans d’où la montée du niveau global des eaux. En 2019, l’année a été un record en la matière.

Sur la terre ferme, le réchauffement s’est notamment matérialisé sous la forme de vagues de chaleur. Divers records de températures nationaux ont été battus l’été dernier en Europe, notamment en France (46°C à Vérargues dans l’Hérault le 28 juin) et en Finlande (33,2°C le 28 juillet à Helsinki). L’Australie a également été marquée par un épisode de chaleur sans précédent, qui a occasionné une saison des feux de brousse particulièrement longue et intense. Quelque 7 millions d’hectares de terres sont partis en fumée et 33 personnes ont perdu la vie dans ces incendies.

Ces événements ont un impact direct sur la santé humaine. Les vagues de chaleur entraînent une hausse des hospitalisations de personnes fragiles et des décès. Le dérèglement climatique constitue aussi une menace pour l’approvisionnement alimentaire. Les pays de la Corne de l’Afrique ont connu de fortes sécheresses en mars 2019, puis des précipitations très importantes entre octobre et décembre, ce qui a favorisé l’expansion des essaims de criquets ravageurs des cultures. Ainsi, pas moins de 22 millions de personnes endurent la faim en Ethiopie, au Kenya, en Somalie, au Soudan et au Soudan du Sud.

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