Crise du Liban : Washington craint que Beyrouth change d’alliances

David Hale, sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques, a déclaré que la situation économique au Liban est porteuse d’un « désastre immédiat », avertissant que « l’effondrement du Liban est imminent ».

Lors d’un entretien avec la chaîne américaine CNBC, D. Hill a souligné que « les politiciens libanais doivent montrer la volonté de réforme avant de fournir une aide étrangère au Liban », ajoutant que « les Libanais ne doivent pas s’attendre à un salut extérieur». Le responsables US a annoncé qu’ »il n’y aura pas de plan de sauvetage international pour le Liban, mais qu’il y aura une grande assistance pour réaliser le programme de réforme ».
En réponse à la question sur la poursuite des réunions des responsables américains avec le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, D. Hale est resté évasif. « Il est le gouverneur de la Banque centrale, et je ne suis pas ici pour le défendre ou porter une quelconque accusation à personne, et il n’y a aucune indication qui le condamne financièrement», a-t-il souligné.
R. Salamé qui jouit d’une protection US est accusé par des économistes libanais d’avoir causé l’effondrement économique et financier du Liban. Il a adopté une ingénierie monétaire et financière basée sur des emprunts à des taux élevés et la fixation de la valeur de la livre libanaise. Ce qui a créé au Liban une économie rentière et non productive et provoqué son effondrement économique.
La livre est en forte dépréciation et a perdu plus de 90% de sa valeur depuis 2020. Et plus de la moitié de la population libanaise vit désormais au-dessous du seuil de pauvreté.
Le Liban est aussi asphyxié par une dette souveraine de près de 90 milliards de dollars due aux emprunts contractés pendant sa reconstruction dans les années 90, suite à la guerre civile, emprunts doublés par les taux d’intérêt et la corruption endémique, ainsi que par les programmes de prêt accordés généreusement pendant longtemps par les instances financières internationales.
« Nous rencontrons tout le monde au Liban, à l’exception des terroristes », a déclaré D. Hale, en faisant allusion au Hezbollah.Les Américains sont accusés de vouloir entraver toute tentative de sauvetage du Liban en dehors de leur cercle d’influence. Une proposition qui avait été donnée par le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, qui dans un discours a lancé son célèbre appel pour se diriger vers l’Est.
Alors que le gouvernement de Hassan Diab envisageait sérieusement d’accepter les propositions d’investissement chinois, l’été 2020, a eu lieu l’explosion meurtrière du port de Beyrouth qui l’a détruit entièrement ainsi que des quartiers de Beyrouth. Le président français Emmaneul Macron est alors intervenu en personne au Liban qu’il a visité à deux reprises. En même temps, sur fond de divergences avec le chef du Parlement, H. Diab a présenté sa démission. Et Saad Hariri qui avait été lui aussi tenu pour responsable de l’effondrement économique du Liban a été de nouveau désigné pour la formation d’un nouveau cabinet ministériel. Mais celui-ci tarde à venir en raison de divergences avec le président de la République Michel Aoun sur les nominations des ministres. Depuis la situation ne cesse de se détériorer.
La semaine passée, la Russie, lors d’une visite d’une délégation, a présenté des projets d’investissements au Liban.L’Iran aaussi déclaré par la voix du porte-parole du gouvernement iranien Ali Rabiei être disposé à aider le Liban et à lui fournir des hydrocarbures alors qu’il connait une grave pénurie d’essence. Une proposition évoquée initialement par H.Nasrallah.
Selon la chaine de télévision israélienne Channel 13, cette proposition inquiète beaucoup l’entité sioniste.
« Ceci voudrait dire une emprise de l’Iran sur le Liban et devrait inquiéter très sérieusement Israël », a déclaré la chaine, rapporte al-Mayadeen tv.

L’avertissement de D. Hale intervient après celui de la Banque mondiale qui avait averti le mois de juin dernier que le Liban était plongé dans un effondrement économique qui pourrait le placer parmi les 10 pires crises mondiales depuis le milieu du XIXe siècle, en l’absence de tout horizon de solution pour le sortir d’une réalité de réticence exacerbée par la paralysie politique.

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