Crise politique au Liban : Consultations lancées pour le choix d’un Premier ministre

La présidence libanaise a annoncé lundi que les consultations parlementaires pour la nomination d'un nouveau Premier ministre commenceraient le 26 juillet prochain, après de nombreuses tentatives pour former un nouveau gouvernement.

Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, a déclaré jeudi dernier qu’il renonçait à former un gouvernement au Liban en raison de désaccords insurmontables, à ses yeux, avec le président Michel Aoun, prolongeant ainsi une impasse politique qui aggrave la crise financière et sociale dans laquelle est plongé le pays depuis des mois.Une décision dont la France a « pris acte » vendredi dernier, appelant à la désignation rapide d’un successeur.
La déclaration de S. Hariri, dirigeant sunnite, intervient après plusieurs mois de querelles avec M. Aoun, chrétien maronite allié au mouvement chiite Hezbollah. Les deux hommes se sont mutuellement rejetés la faute de cet échec.
Il n’y a pas de successeur évident au poste de Premier ministre, fonction revenant à un sunnite selon le partage confessionnel des postes au Liban.M. Aoun devra choisir le candidat soutenu par le plus grand nombre de parlementaires, parmi lesquels le Hezbollah soutenu par l’Iran et ses alliés politiques sont majoritaires.
Les gouvernements occidentaux font pression sur la classe politique libanaise pour former un gouvernement qui pourra mener à bien les réformes nécessaires, condition exigée par la communauté internationale, notamment la France, pour fournir au Liban une aide à même de sortir le pays de ce que la Banque mondiale a qualifié de pire récession de l’histoire moderne.
Effet Pegasus
Sur un autre plan, il y a lieu de signaler que la chaine satellitaire libanaise Al-Mayadeen, citant le quotidien français « Le Monde » révèle que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a demandé à espionner des politiciens et des professionnels des médias au Liban… « Le Monde« a annoncé lundi, que le prince héritier saoudien MBS avait demandé l’espionnage par le programme « Pegasus » de la société israélienne « NSO », sur « des hommes politiques et des professionnels des médias libanais, y compris le président de la République, Michel Aoun. »
Le rapport a ajouté que « des personnalités de la classe politique et médiatique au Liban, à savoir : l’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, le chef du Mouvement patriotique libre Gibran Bassil, et le directeur général de la sécurité publique libanaise, le général de division Abbas Ibrahim , ont été espionnés sur demande de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis entre 2018 et 2019 ».
Le rapport a souligné que « MBS avait également demandé à espionner les deux députés du Hezbollah, Hassan Fadlallah et Ali Fayyad ». MBS a également demandé «d’espionner le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salameh, et l’ancien ministre des Finances, Ali Hassan Khalil ».
Le Monde a noté que « l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont demandé d’espionner deux professionnels des médias, Ghassan Ben Jeddo et Ibrahim Al-Amin».

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