Du fait du Covid-19, la récession pourrait appauvrir 10 millions de Marocains… 

Avec la propagation de la pandémie du Coronavirus en Europe et dans le Royaume, ainsi qu’une sécheresse aiguë, l’économie du Maroc devrait souffrir considérablement cette année de l’impact négatif de la pandémie du Covid-19.  C’est ce qui ressort de l’étude d’impact réalisée par le Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD), la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et la Banque Mondiale.  

Selon le scénario de référence élaboré par le groupe, le PIB réel reculerait de 1,5% en 2020, la première récession frappant le Maroc depuis plus de deux décennies. Sur le plan budgétaire, la pandémie aura un impact négatif sur le rythme de l’assainissement budgétaire et, à son tour, sur les besoins de financement brut et la dette. Le déficit budgétaire global devrait se détériorer pour atteindre plus de 6% du PIB en 2020. 

L’aggravation du déficit s’explique principalement par l’augmentation des dépenses sociales et économiques liées à Covid19 d’une part, d’autre part, la baisse des recettes fiscales, notamment de l’impôt sur les sociétés, devront faciliter le creusement du déficit. 

Par conséquent, la dette du Trésor devrait atteindre 73% du PIB en 2020. Le solde du compte courant devrait s’élargir à environ 7% du PIB cette année. Un net ralentissement des exportations, des recettes touristiques et des envois de fonds est prévu, car la pandémie perturbe le commerce et les chaînes de valeur mondiales. Bien que la baisse des prix du pétrole en 2020 réduise les dépenses d’importation d’énergie, elle ne compensera pas entièrement les effets négatifs de la pandémie sur les exportations de biens et de services. 

Il serait difficile de financer le déficit de la balance des paiements, car les IDE devraient ralentir et la prime de risque sur les marchés financiers internationaux augmenter. Voilà pourquoi l’étude estime que 10 millions de Marocains peuvent devenir pauvres ou risquent de sombrer dans la pauvreté à cause de la crise sanitaire.

Cette étude, sensée  éclairer la prise de décision et l’établissement des priorités, montre ainsi que le Maroc se dirige vers une période pour le moins compliquée. Ceci étant, elle n’est qu’un préliminaire à l’action de ces organismes internationaux au Maroc. Une discussion approfondie aura lieu pour coordonner les efforts et donner  un soutien efficace à la réponse nationale à travers le lancement de l’objectif clé et d’un plan budgétaire dédié. 

Il est à signaler que  la Banque mondiale a apporté un premier appui financier au Royaume dans le cadre d’un soutien plus global pour permettre au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord de faire face à la pandémie. Il s’agit de la restructuration d’un prêt de 275 millions de dollars à l’appui des politiques de développement pour la gestion des risques de catastrophe, assorti d’une option de tirage différé en cas de catastrophe (ou Cat DDO).  Cette restructuration intègre un objectif relatif à l’aide sanitaire pour permettre le déblocage immédiat de fonds dans le cadre du programme et répondre aux mesures d’urgence.

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