Du rififi entre Moscou et Riga : Un passé décomposé lourd de conséquences

«Nous sommes indignés par la décision de la Saeima [le parlement] de Lettonie de mettre fin unilatéralement à l’article 13 de l’accord intergouvernemental russo-letton du 30 avril 1994 qui prescrit à la partie lettone de veiller à l’entretien, à l’aménagement et à la sécurité des sites commémoratifs», a déclaré publiquement l’ambassade de Russie à Riga, jeudi 12 mai.
Et la mission diplomatique de poursuivre que «cette situation est une illustration claire pour l’ensemble de la communauté internationale responsable du véritable visage de l’élite politique de la Lettonie d’aujourd’hui : cynisme, principe de deux poids deux mesures, renoncement absolu aux moyens civilisés de régler les questions interétatiques et mépris flagrant des principes fondamentaux du droit international».

De fait, l’agence de presse Leta a rapporté jeudi le vote par les parlementaires lettons d’amendements, suspendant l’article 13 de l’accord russo-letton en question. Cette suspension prend effet le 16 mai et durera jusqu’à ce que la Russie «arrête de violer les droits internationaux de l’Ukraine, y compris en retirant ses forces militaires d’Ukraine, rétablisse pleinement l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine conformément au droit international, et indemnise pleinement les violations commises des droits internationaux de l’Ukraine», selon ce texte. Ces précisions surviennent dans le contexte d’opération militaire russe en Ukraine, décriée par les pays membres de l’Union européenne notamment comme une guerre d’invasion.

Selon Leta, les amendements en question sont soutenus par la coalition gouvernementale et visent en particulier à lever les obstacles juridiques au démantèlement du Monument aux libérateurs de Riga et de la Lettonie soviétique, situé dans parc de la Victoire de la capitale lettone.
Ce monument se trouve au cœur d’un bras de fer entre les autorités et des habitants souhaitant rendre hommage aux soldats morts pendant la Seconde guerre mondiale. Le 9 mai, selon l’agence Rutply, des fleurs qui avaient été disposées devant le monument situé dans la capitale lettone ont été retirées par les autorités. Le lendemain, des personnes sont revenues pour poser des fleurs. Le 11 mai enfin, des barrières ont été placées par les autorités autour du site pour empêcher l’accès, comme on le voit sur des images diffusées par Rutply. L’ambassade de Russie en Lettonie a qualifié cette dernière décision des autorités lettones de «grossièreté sans limite».

Moscou dénonce depuis plusieurs années les atteintes aux monuments soviétiques dans l’ex-URSS ou les pays de l’ancien pacte de Varsovie. Fin avril par exemple, la mairie de Kiev en Ukraine a fait déboulonner une statue célébrant «l’amitié entre les peuples» datant de l’ère soviétique.

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