E. Macron borne son nouveau mandat : Le choix d’une femme à la tête du gouvernement fait jazzer

Pressentie pour succéder à Jean Castex, E. Borne a été, sans surprise, nommée lundi 16 mai par Emmanuel Macron au poste de Premier ministre. Après avoir salué l’action de l’ancien maire de Prades, le chef de l’Etat s’est fendu d’un tweet dans la soirée pour saluer son successeur et poser dans la foulée les jalons de leur collaboration.  « Madame la Première ministre, Ecologie, santé, éducation, plein-emploi, renaissance démocratique, Europe et sécurité : ensemble, avec le nouveau gouvernement, nous continuerons d’agir sans relâche pour les Françaises et les Français », a-t-il écrit.
Du côté de plusieurs leaders de l’opposition, la tonalité est bien différente. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, l’homme fort de la gauche, qui espère le poste de Premier ministre à la faveur d’une majorité obtenue à l’Assemblée, a critiqué le rôle de la femme politique au ministère du Travail. Il l’a classée « parmi les figures les plus dures de la maltraitance sociale », dans une déclaration à la presse. «Sa nomination commence dès les premiers instants par une tentative de tromperie, Mme Borne serait une femme de gauche», mais «nous ne lui accordons pas ce label», a arbitré le patron de la France insoumise.
Il l’a en outre accusée d’être responsable de baisses d’allocations pour un million de chômeurs avec la réforme de l’assurance chômage, mais aussi de «la suppression des tarifs réglementés du gaz», du «report de 10 ans de la fin du nucléaire» ou de l’«ouverture à la concurrence de la SNCF et RATP». « Privatisation et mise en concurrence de la SNCF et de la RATP, réforme de l’assurance chômage au détriment de plus d’un million d’allocataires, fossoyeuse de Fessenheim », a énuméré quant à lui Fabien Roussel, Secrétaire national du parti communiste, membre avec son parti de l’alliance de la gauche pour les législatives.  Alors ministre de la Transition écologique, E. Borne avait défendu en juillet 2020 le choix du gouvernement d’avoir fermé la centrale nucléaire de Fessenheim.
À droite tout au contraire, le député et aspirant malheureux à l’investiture de la droite à la présidentielle Eric Ciotti a bien reproché à la ministre sa réputation de gauche.  « Macron vient de choisir comme Premier ministre une technocrate socialiste », a-t-il écrit dans un tweet avant de déplorer une humiliation « pour ceux qui pensaient qu’[E. Macron] allait faire une politique de droite».  Au Rassemblement national, on voit dans cette attribution de chef du gouvernement à une ministre clé de la macronie une volonté de s’inscrire dans la continuité du mandat précédent, contrairement aux promesses du président réélu.
«En nommant Elisabeth Borne comme Premier Ministre, Emmanuel Macron démontre son incapacité à rassembler et la volonté de poursuivre sa politique de mépris, de déconstruction de l’État, de saccage social, de racket fiscal et de laxisme », a dénoncé Marine Le Pen.  Le souverainiste Florian Philippot, comme la gauche, a attaqué la ministre pour son rôle dans la réforme de l’assurance chômage. « La ministre qui a drastiquement appauvri plus d’un million de chômeurs par sa réforme inique de l’assurance chômage va donc devenir 1er ministre ! Ça en dit long sur l’orientation infâme que Macron veut donner à ce mandat », a-t-il écrit.

Dans le camp présidentiel bien entendu les éloges et félicitations à l’encontre de l’ancienne ministre du Travail ont plu. « Ce sont tous les candidats de la majorité présidentielle qui seront à tes côtés pour porter le projet d’Emmanuel Macron », a promis Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur et président du groupe LREM à l’Assemblée nationale.
« Ton expérience et ton dévouement sans faille au service de l’intérêt général sont des atouts précieux pour cette nouvelle mission », a déclaré pour sa part Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique qui lui avait succédé à ce poste.
« Conviction, compétences, engagement. Elle portera avec force notre projet social, écologique et pour le plein emploi », a écrit pour sa part Stanislas Guerini, délégué général du parti LREM.

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