E. Zemmour candidat à la présidentielle : Un outsider qui fait déjà polémique

De polémiste apprécié par ses « fans », E. Zemmour qui s’est drapé des habits de candidat à la présidentielle nourrit déjà la polémique aux yeux des Français auxquels il s’adresse pour la première fois en convoitant leurs suffrages. Sur le plateau de TF1, les questions restent les mêmes : sa vision des femmes, ses condamnations à l’incitation à la haine raciale. Difficile de changer de campagne pour le nouveau candidat. « Vous n’allez pas comme ça ressortir mes phrases de mon livre, s’est ainsi exaspéré E. Zemmour. Je ne suis plus le journaliste, l’écrivain. Je suis candidat à l’élection présidentielle, donc ce que j’aimerais c’est que vous m’interrogiez sur mon projet et sur mon statut, pas sur ce que j’ai écris. On ne va pas refaire la dizaine d’émissions que j’ai déjà faites depuis deux mois. »
Le candidat Zemmour a du mal à percer sous le visage du Zemmour polémiste. Son entrée en piste pour la présidentielle sera compliquée au regard de ses provocations. Le grand meeting au Zénith de Paris organisé dimanche 5 décembre pourrait donner plus d’épaisseur à sa candidature et faire oublier les ratés, multiples, de sa pré-campagne.
Dans sa vidéo de candidature d’une dizaine de minutes enregistrée il y a deux semaines et diffusée mardi sur les réseaux sociaux, Éric Zemmour a utilisé des dizaines d’extraits vidéos comme des reportages violents pour agrémenter ses propos. Un montage qui pose un problème : plusieurs auteurs de ces vidéos affirment n’avoir jamais été informés de cette utilisation.
C’est le cas par exemple du journal Le Parisien, qui n’a pas été contacté par les équipes du candidat. De leurs côtés, les groupes France Télévision et Radio France demandent qu’Éric Zemmour s’acquitte des droits concernant les images reprises. France 24 et France Médias Monde regrettent l’utilisation d’images sans leur consentement dans cette vidéo de candidature. La société cinématographique Gaumont, dont des extraits de films comme Jeanne d’Arc sont repris, affirme, quant à elle, s’autoriser le droit d’engager des actions en justice.
Réagissant à ces reprises sauvages de vidéos, le candidat Zemmour a évoqué des querelles de juriste avant de trancher : « Je ne m’occupe pas de cela. » Du côté de son équipe de campagne, on assure que tous les droits d’auteurs ont été réglés ou sont en voie de l’être.
Pour Sacha Houlié, député La REM, la vidéo de candidature d’Éric Zemmour « est une tentative malheureuse de sauver une campagne désastreuse. C’est à dire qu’en réalité vous avez une campagne qui prend l’eau de toute part et au final, vous avez cette mise en scène qui empreinte à la fois à la parodie et à la farce, qui reprend des codes un peu éculés et qui finalement est assez peu réussie. » Du côté du Rassemblement national (RN), c’est Sébastien Chenu, porte-parole du RN, qui a réagi à la vidéo de candidature du polémiste : « Il y avait zéro suspense sur la candidature d’Éric Zemmour, tout comme il y a zéro programme, zéro équipe, et probablement zéro maîtrise de soi comme on a pu le voir ces derniers jours. Donc, en fait, ça ne change pas grand-chose dans le décor. On savait qu’Éric Zemmour allait être candidat, on l’a bien compris qu’il l’est aujourd’hui. »

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