En pleine tension avec Moscou : Washington sensibilise les siens sur des attentats en Russie

Un message de l’ambassade des Etats-Unis à Moscou signale aux Américains présents dans le pays de risques d’«attaques» en Russie, dans les lieux de rassemblements publics, comme les centres commerciaux, les métros ou les gares au sein des grandes villes du pays dont Moscou et Saint Pétersbourg ainsi que la zone de tensions avec l’Ukraine. Le message cite des «sources médiatiques», sans préciser lesquelles.
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a regretté sur Telegram que le gouvernement US n’ait pas communiqué cette information aux autorités russes compétentes. «Avez-vous transmis les données pertinentes à vos collègues russes via des canaux partenaires ? Si non, comment faut-il comprendre cela ?», a-t-elle interrogé. Washington recommande depuis plusieurs semaines déjà à ses ressortissants de ne pas se rendre en Russie, en plein pic de tensions entre les deux pays. Et persiste à accuser Moscou de vouloir envahir l’Ukraine de manière imminente, ce que la diplomatie russe qualifie de «fake news».
Il y a quelques jours, le président américain s’est dit «convaincu» que Vladimir Poutine avait «pris la décision» d’envahir l’Ukraine et que Moscou cherchait une «fausse justification» pour lancer l’offensive dans la semaine» ou dans les jours qui viennent.. La Russie décrit ce scénario comme de la «fiction».
«Nous pensons qu’ils prendront Kiev pour cible, une ville de 2,8 millions d’innocents», a ajouté le président américain dans une allocution depuis la Maison Blanche, sans présenter les preuves de ses allégations. Joe Biden a toutefois laissé la porte ouverte au dialogue. Selon lui, tant qu’une invasion ne s’est pas produite, «la diplomatie est toujours une possibilité».
Son secrétaire d’Etat Antony Blinken rencontrera d’ailleurs le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le 24 février «en Europe». Auprès de journalistes de RT, ce dernier a qualifié de «propagande» et de «fiction» les allégations occidentales selon lesquelles la Russie fomenterait le projet d’envahir l’Ukraine. «Apparemment, ils le font pour le simple plaisir d’accuser Moscou», a déclaré le chef de la diplomatie russe, avant d’ironiser : «Les auteurs de ces fausses nouvelles croient eux-mêmes à ce dont ils parlent, ils aiment ça et… si ça leur fait du bien, pourquoi pas ?»
Sur ces entre-faits, les présidents français et russe ont convenu de tout faire pour aboutir rapidement à un cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine, a annoncé l’Elysée. Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour «intensifier» les efforts diplomatiques, Vladimir Poutine insistant sur la mise en œuvre des accords de Minsk. Les deux hommes ont également convenu de «la nécessité de privilégier une solution diplomatique à la crise actuelle et de tout faire pour y parvenir», a ajouté la présidence française, précisant que le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian «rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov dans les prochains jours». V. Poutine a exhorté l’OTAN et Washington à prendre «au sérieux» les demandes de sécurité russes. Le communiqué du Kremlin insiste sur le rôle de l’Ukraine et de l’OTAN dans la montée des tensions : «L’attention a été attirée sur les fournitures d’armements et de munitions modernes à l’Ukraine, effectuées par les pays de l’OTAN, ce qui pousse Kiev au règlement militaire du soi-disant problème du Donbass.» «En conséquence, les civils des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk sont touchés et doivent être évacués vers la Russie pour échapper aux bombardements qui s’intensifient», ajoute le communiqué.
Le président russe a redit à son homologue français «son intention de retirer ses troupes» de Biélorussie «au terme des exercices en cours», a indiqué de son côté l’Elysée.
L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN constitue par ailleurs, pour Moscou, une «ligne rouge» à ne pas franchir. S’exprimant sur le sujet dans une interview donnée à CNN diffusée le 16 janvier, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, avait qualifié l’OTAN d’«arme de confrontation» et non de paix, insistant sur la «menace» que constitue cette extension de l’Alliance militaire, non seulement pour la Russie mais également pour l’ensemble de «l’architecture de la sécurité européenne».
En observant, à propos du cas ukrainien, qu’«au début, il n’y avait que des mots», le porte-parole du Kremlin a constaté qu’«avec le temps, nous avons assisté à l’invasion progressive de l’OTAN sur le territoire ukrainien», sous la forme de l’envoi d’instructeurs militaires et d’armes, tant défensives qu’offensives.

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