Evasion fiscale : La complicité de Washington engagée

Les Etats-Unis ont pris la tête d’un classement des pays «les plus complices» de l’évasion fiscale dans le monde, obtenant «la pire note jamais enregistrée» dans un baromètre de l’opacité financière publié le 17 mai par l’ONG britannique Tax justice network (TJN).

L’opacité financière a globalement baissé, alors que l’offre de services «utilisés par les oligarques russes, les fraudeurs fiscaux et les politiciens corrompus, a continué de reculer au niveau mondial en raison des réformes en matière de transparence», a salué l’ONG dans un communiqué.

Mais cinq pays (les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l’Allemagne et l’Italie) affaiblissent les progrès en la matière, tance TJN, qui appelle notamment le G7 à s’engager pour la création d’un registre mondial de toutes les richesses et actifs de grande valeur, ainsi que de leurs véritables propriétaires. Cet appel intervient alors que s’ouvrait en Allemagne une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7.

«On estime que 10 000 milliards de dollars sont détenus à l’étranger, hors de toute régulation, par des personnes fortunées dans le cadre d’arrangements secrets», indique l’ONG dans son communiqué. Les Iles Caïmans, territoire britannique, et les Etats-Unis, étaient respectivement classés premier et deuxième lors de la précédente édition de ce baromètre, publiée en 2020, détrônant alors la Suisse.

Le pays alpin remonte cette année à la deuxième place, suivi de Singapour. Les îles Caïmans ont réduit leur offre d’opacité financière et se trouvent désormais à la 14e place de l’indice. Ce pays a vu son score s’améliorer après avoir divulgué pour la première fois des données montrant que les services financiers fournis aux non-résidents sont nettement inférieurs aux estimations précédentes. L’indice d’opacité financière est obtenu en combinant une note du système financier et juridique de chaque pays en termes de transparence financière avec le volume de services financiers fournis aux non-résidents.

L’offre d’opacité financière des États-Unis est désormais presque deux fois plus importante que celle de la Suisse, principalement parce que Washington «ne respecte toujours pas les normes et pratiques internationales en matière d’échange d’informations avec les autres pays», selon TJN.

L’ONG relève aussi que les États-Unis ont augmenté de 21% le volume des services financiers qu’ils fournissent aux non-résidents, des chiffres qui vont «à l’encontre des engagements et des efforts du président américain Joe Biden pour lutter contre l’opacité financière au niveau mondial».

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