Israël dans le doute : Le fait palestinien se réveille…

Naftali Bennett, Premier ministre israélien, a annoncé mercredi, que « les forces israéliennes ont procédé à plus de 200 arrestations et interrogatoires sur les opérations de la résistance », ordonnant « de démolir la maison du martyr Dhia Hamarsheh, l’auteur de l’opération Tel Aviv, afin de renforcer la dissuasion », selon ses dires. Il a ajouté que « les services de sécurité en Israël travaillent à pleine capacité » afin de « découvrir qui envisage de mener des opérations de commando » dans les zones d’occupation israéliennes. N. Bennett a appelé les colons israéliens à porter leurs armes pour tenter de contrecarrer les opérations de la résistance palestinienne.

La Cour suprême israélienne a approuvé la démolition des maisons des résistants en Palestine ou de leurs familles, sachant que les juges ont décidé de rejeter toute requête contre les ordres de démolition des maisons.

Les factions palestiniennes ont affirmé que les options palestiniennes sont désormais ouvertes, surtout après l’opération qui a visé Tel Aviv.

Le site Internet de la chaîne israélienne « Makan » a rapporté que « le ministre de la Défense israélien Benny Gantz, a tenu des séances de consultation avec les dirigeants de l’armée israélienne dans le but de renforcer la sécurité face à l’escalade des opérations de guérilla » de la résistance palestinienne à l’intérieur des territoires palestiniens occupés. De son côté, Shaul Mofaz, ancien ministre israélien de la Guerre, a déclaré que « les colons ressentent de la peur et de l’insécurité », selon le site Internet de la chaîne israélienne Seventh. « Les opérations de résistance provocatrices contre les colons et Israël constituent une menace pour notre existence » a tweeté, de son côté, Shirley Pinto, membre de la Knesset.

Commentant les réactions arabes à l’opération de Tel-Aviv, Roy Kais, analyste pour la chaîne israélienne canal 13, a déclaré avoir « assisté au Liban, par exemple, à des acclamations joyeuses et même des tirs de joie dans les camps palestiniens au Liban. » Il a évoqué la rencontre de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, avec Ziad al-Nakhla, commandant en chef du mouvement du Jihad islamique, à Beyrouth, au cours de laquelle ils ont évoqué « l’escalade des opérations qualitatives dans les territoires occupés intérieures ces derniers jours. »

Depuis l’opération, la situation est tendue parmi les Israéliens et les rues sont presque désertiques si ce n’est le grand déploiement de militaires israéliens. Dans la matinée de mercredi, la police a reçu des dizaines d’appels téléphoniques pour signaler des cas suspects.

Selon la chaine de télévision Canal 7, les colons de Bnei Brak ont accueilli le ministre de l’intérieur israélien avec colère et insultes l’accusant de défaillance sécuritaire. On attribue l’échec sécuritaire aux forces israéliennes d’autant que c’est la deuxième opération de résistance dans les territoires de 1948 en l’espace quelques jours, après celle d’al-Kahdirat qui a coûté la vie à deux policiers israéliens.

Pour rappel, à l’occasion de la 46eme célébration de la Journée de la terre, le Bureau central palestinien des statistiques a publié les derniers chiffres sur la réalité de l’extension de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de 1967.
En 1976, l’entité sioniste avait confisqué de vastes étendues de terres palestiniennes de la Cisjordanie, ce qui a provoqué le déclenchement de manifestations qui ont fait des morts et des blessés. Selon l’agence, “l’occupation israélienne exploite directement 76% de la superficie totale classée C, car les conseils régionaux des colonies en contrôlent environ 63% ».

A noter que les accords d’Oslo 2 de 1995 avaient classé les terres de Cisjordanie en 3 zones :

A- celles qui sont sous contrôle palestinien total.

B- celles qui sont soumises au contrôle israélien de sécurité, civil et administratif palestinien.

C- les terres qui sont sous contrôle israélien, civil, administratif et de sécurité. Cette zone constitue environ 60% de la superficie de la Cisjordanie.

Le communiqué du bureau des statistiques indique que « les zones confisquées à des fins militaires représentent environ 18 % de la superficie de la Cisjordanie, tandis que le mur d’annexion (établi en 2002) a isolé plus de 10 % de la Cisjordanie, causant des dommages à plus de 219 communautés palestiniennes. » Il a ajouté que l’occupation israélienne « exploite plus de 85% de la superficie totale des terres de la Palestine historique », notant que « le nombre de sites coloniaux et de bases militaires israéliens a atteint 471 sites fin 2020 en Cisjordanie, dont 151 colonies et 26 avant-postes habités. »

Quant au nombre de colons, le communiqué les estime à « environ 712.815, qui ont mené 1 621 attaques contre des Palestiniens et leurs biens, en 2021 ». Précisant que « l’année 2021 a vu une augmentation significative de la construction et de l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, la construction de plus de 12 000 unités de colonies ayant été approuvée, dont environ 9 000 sur les terres de l’aéroport de Qalandia dans le gouvernorat de Jérusalem. »

Le communiqué relève qu’« en 2021, les autorités d’occupation israéliennes ont démoli 1 058 bâtiments palestiniens, dont 353 bâtiments résidentiels et 705 installations à usages divers ». et souligné que le nombre de prisonniers atteignait 4 400, dont 160 enfants et 33 femmes, fin février dernier.

Le nombre de Palestiniens est estimé à environ 13 millions 800 mille, dont 5 millions 300 mille vivent en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est, et environ 1,6 million à l’intérieur d’Israël, tandis plus de 6 millions d’immigrants vivent dans des pays arabes et étrangers.

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