Israël sous cloche sécuritaire : Le Hamas menace et cherche à annuler le blocus maritime

Une fois de plus, c’est au rythme des incursions violentes dans les villages et villes de la Cisjordanie que les autorités coloniales cherchent à juguler l’élan d’émancipation dont fait preuve le peuple palestinien. Ainsi, des unités d’intervention des forces de sécurité israélienne ont investi plusieurs localités, dont Jénine, pour y opérer des arrestations. Cette pression se fait à l’heure où les unités de renseignement de l’entité sioniste vivent au rythme des alertes, craignant d’autres opérations de résistance.

En face, la résistance maintient sa pression, de plus en plus forte, sur l’occupant. Ainsi, Yahya Sinouar, qui dirige le Hamas dans la bande de Gaza, a demandé à Israël de stopper toute «agression» à proximité de la mosquée al-Aqsa, sans quoi des opérations militaires d’envergure seront menées contre l’Etat hébreu. En sus, il a spécifié que la bataille du jour est celle qui consiste à briser le blocus maritime imposé à la zone par Tel-Aviv.

Y. Sinouar, a averti le 30 avril de la possibilité d’une «grande bataille» contre Israël en cas de nouvelle «agression» des forces israéliennes dans la mosquée al-Aqsa de Jérusalem. Près de 300 Palestiniens ont été blessés dans cette zone où se trouve al-Aqsa après des attaques anti-israéliennes et des opérations de l’armée israélienne en Cisjordanie occupée. Lors de ces heurts, la police israélienne s’est déployée sur l’esplanade et a aussi pénétré une fois dans la mosquée al-Aqsa, en lançant des gaz lacrymogènes, ce qui avait suscité les condamnations de Palestiniens et de pays musulmans.
«Celui qui prend la décision de répéter cela prendra lui-même la décision de détruire des milliers de synagogues dans le monde entier»,a déclaré dans un discours le chef du bureau politique du Hamas dans la bande de Gaza, enclave sous blocus israélien. «Vous devrez vous préparer à une grande bataille si l’occupation [nom donné à Israël par des Palestiniens] n’arrête pas d’attaquer la mosquée al-Aqsa», a-t-il ajouté.

Ce rare discours a été prononcé à l’occasion de l’anniversaire, selon le calendrier musulman, de la guerre de 11 jours, en mai 2021, entre Israël et le Hamas. Il a également rendu hommage à l’Iran, principal ennemi d’Israël, et aux mouvements soutenus par la République islamique, dont le Hezbollah libanais, le Djihad islamique palestinien et les rebelles houthis yéménites. En cas «d’agression» sur l’esplanade des Mosquées lors du «jour de Jérusalem», le Hamas lancera une première salve de 1111 roquettes vers Israël, a-t-il encore menacé. Prévu cette année fin mai, cet évènement fêté en Israël commémore la prise de la partie palestinienne de la Ville sainte en 1967. En vertu d’un statu quo historique, les musulmans sont autorités à prier sur l’esplanade, située dans la partie palestinienne de Jérusalem annexée par Israël, tandis que les non musulmans peuvent s’y rendre à des heures précises mais sans y prier.
Ces dernières années, le nombre de juifs se rendant sur l’esplanade a augmenté pour atteindre un record en avril lors de Pessah, la pâque juive. De nombreux fidèles juifs y sont régulièrement aperçus en train de prier malgré l’interdiction, ce qui a suscité des craintes chez des musulmans de voir ce statu quo historique voler en éclat.

L’Etat hébreu «ne changera pas» le statu quo historique, a assuré la semaine dernière le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid. Le parti Raam, première formation arabe de l’histoire d’Israël à soutenir une coalition gouvernementale, a récemment «suspendu» son soutien en raison des violences à Jérusalem. Le 30 avril, Y. Sinouar a appelé son dirigeant, Mansour Abbas, à «quitter» définitivement la coalition.

 

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