Joe Biden éclipse Bernie Sanders aux primaires démocrates: Un modéré qui veut des « résultats » non « la révolution »

En Floride, le candidat modéré avait remporté 61 % des voix, contre 22 % pour son rival socialiste, selon les résultats dans 87 % des bureaux de vote de Floride rapportés par les médias américains. « Merci, la Floride ! » a tweeté l’ancien vice-président de Barack Obama, qui a ainsi conforté son statut de grand favori pour décrocher l’investiture démocrate et affronter le 3 novembre le républicain Donald Trump dans les urnes.

Avant mardi, J. Biden disposait déjà d’une avance confortable dans le nombre de délégués qui désigneront le vainqueur de l’investiture démocrate, avec près de la moitié des 1 991 nécessaires. En remportant une bonne partie des 219 délégués de la Floride, son avance pourrait devenir insurmontable après les scrutins de mardi.

Un quatrième État, l’Ohio, devait à l’origine participer à cette nouvelle étape, mais face à la progression rapide de la pandémie (plus de 6 200 cas recensés aux États-Unis et 105 décès), le gouverneur de l’Ohio a annoncé le report de cette primaire.

Le coronavirus a bouleversé la campagne, les deux rivaux et D. Trump, qui brigue un second mandat, ayant annulé leurs meetings. B. Sanders avait pris la parole en ligne peu avant la fermeture des bureaux de vote, mais sans évoquer le scrutin. Le sénateur s’est concentré sur la crise du coronavirus et les réponses que le Congrès pourrait y apporter. « En ces temps de crise, il est impératif que nous soyons solidaires », a-t-il déclaré.

En pleine pandémie, l’affluence a semblé réduite mardi, les électeurs et volontaires étant appelés à respecter des distances de sécurité et les mesures de précaution. 

D. Trump avait jugé lundi « inutile » de reporter les primaires. La Louisiane, la Géorgie, le Kentucky et le Maryland, qui devaient voter plus tard, ont d’ores et déjà reporté leurs scrutins à mai et juin. D’autres États pourraient rapidement suivre. Le parti démocrate a appelé mardi les États qui doivent encore voter dans les prochains mois à renforcer les moyens de participer de façon anticipée et par courrier.

« Notre démocratie repose sur le droit de vote et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger et renforcer ce droit au lieu de mettre notre fonctionnement démocratique à l’arrêt », a écrit son président, Tom Perez.

J. Biden peut compter sur le soutien du camp modéré, dont plusieurs ex-candidats à la présidentielle et d’influents élus qui voient en lui le meilleur candidat pour « battre Donald Trump », objectif numéro un des électeurs démocrates.

Célèbre pour ses gaffes, J. Biden, 77 ans, a signé dimanche soir une bonne performance lors de son premier duel télévisé contre B. Sanders, 78 ans. Après une série d’échecs, ce dernier, socialiste autoproclamé, a récemment reconnu qu’il n’était pas parvenu à convaincre de sa capacité d’empêcher D. Trump d’empocher un second mandat.

Très populaire chez les jeunes, le sénateur s’accroche toutefois à la course et a profité du débat dimanche pour interpeller J. Biden sur certaines positions potentiellement embarrassantes de sa longue carrière en politique, avec plus de trente-cinq ans passés au Sénat et huit à la vice-présidence.

Comme pour donner des gages à l’aile plus progressiste du parti, J. Biden a de son côté annoncé qu’il adoptait deux propositions : l’une de B. Sanders sur l’allègement de la dette étudiante et l’autre de son ancienne rivale, la sénatrice Elizabeth Warren, pour protéger notamment les Américains des créanciers qui « abusent » du système. Cela ne va pas assez loin, a répliqué B. Sanders. Mais le sénateur l’a encore promis : s’il perd les primaires, il soutiendra le candidat démocrate. J. Biden, lui, a martelé l’argument qu’il oppose à son rival pour se présenter en candidat plus pragmatique : « Les gens veulent des résultats, pas une révolution. »

 

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