La peur s’installe dans le Royaume : L’autre djihadisme en action…

Ce que l’on craignait a fini par avoir lieu. Asma Lamrabet éconduite de la Rabita, sans la moindre élégance de la part d’une structure en charge pourtant de lutter contre la culture djihadiste enracinée dans le pays, a peur. Tout cela est en lien avec son « ijtihad » qui invite à réviser les termes d’une loi successorale injuste à bien des égards à l’endroit de la femme, composante de la société que d’aucuns sont tentés de réduire à une poupée juste propre à faire joli dans un salon marocain si ce n’est, et c’est le pire que nous renvoient de plus en plus de vidéos gores, un objet de plaisir jetée à la concupiscence de mâles en rut… Le viol n’étant que l’expression la plus abjecte des sévices que la femme supporte dans notre société androgyne.

Dans un précédent billet, l’attention a été attirée sur les risques d’un départ d’une penseuse libre qui dérange aux entournures le conglomérat des Oulémas qui tente de niveler par le bas le débat sur la chose cultuelle. En frappant d’interdit tout ce qui risque d’affecter le dogme quand bien même ce dernier prête le flanc à la critique. La Rabita Mohammedia des Oulémas qui décida de se séparer d’Asma Lamrabet l’a sciemment jetée à la vindicte de tous les apprentis sorciers dont l’inculture, patente, ne saurait résister aux arguments développés par une partisane d’une pensée libératrice. Pis, elle l’a marquée comme cible pour toutes les attaques des rétrogrades qui pullulent, malheureusement, dans le Royaume. Trop, c’est trop !

Tout cela s’opère sans que le Conseil des Oulémas ne lève le petit doigt pour dénoncer la horde des fkihs qui s’évertuent, tels des guichets automatiques, à débiter des fatwas que rien ne légitime. Même le ministère des Habous qui porte à sa tête un penseur semble plus enclin à faire l’inventaire des milliers de Mosquées que compte le pays qu’à faire émerger un débat libérateur, en l’encourageant, autour de toutes les questions qui fâchent. Rien d’étonnant dès lors à ce que une penseuse comme A. Lamrabet choisisse l’isolement pour se protéger contre les attaques dont elle fait l’objet de toutes parts. En annulant sa participation à toutes les manifestations culturelles auxquelles elle était conviée. Voilà où en est le Royaume. Avec ses 12 universités qui peinent à se hisser au rang de structures de recherches dignes de ce nom. L’esprit est ainsi bombardé au fil des jours d’armes de destruction massive en le privant de la seule donnée qui vaille pour l’homme en tant qu’espèce vivante singulière : la culture du doute. En attendant, le BCIJ est appelé à torcher les déchets humains que le système produit. Ceux qui font un culte de la mort de tous ceux qui sont jugés, sans instruction ni témoin à charge, d’impies. Le djihadisme avance, n’en déplaise à la Rabita. L’affaire est liée au système. Il est temps de le reformater pour éviter tout bug qui semble déjà programmé. Le Maroc a le droit de rejeter la peur. Il compte des hommes et des femmes qui ne manquent pas de courage pour piloter le changement exigé par l’air du temps. Et même les couards doivent se réveiller. Les révélations que vient de faire le Prince héritier saoudien quant à l’instrumentalisation du wahhabisme par les occidentaux pour servir et valoir d’arme de dissuasion et d’endiguement de l’ex-URSS, puissance taxée en pleine guerre froide d’ « Empire du Mal ». Ouvrez les yeux, pardi ! Le monde change autour de nous.

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