Le Covid-19 achève Manu Dibango, la world music en deuil 

Manu Dibango a brisé en 1972 le carcan des frontières avec Soul Makossa, tube planétaire, pour entrer dans la légende des grands musiciens de ce monde. L’hymne dédié à l’équipe de foot du Cameroun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations a réussi à conquérir l’Amérique via des DJ new-yorkais. M. Dibango accusera même Michael Jackson de plagiat sur un morceau de l’album « Thriller » avant qu’un accord financier soit trouvé.

en 1933, c’est dans la chorale du temple camerounais, où sa mère est professeur, qu’il s’initie au chant. A 15 ans, quand son père l’envoie étudier en France, trois semaines de bateau pour arriver jusqu’au port de Marseille. 

Le jazz fait dès lors partie intégrante de la vie de M. Dibango et le saxophone devient son instrument fétiche. Il rencontre le musicien Francis Bebey, Camerounais comme lui, forme un groupe, il se produit dans des clubs et rate son bac. Cap sur la Belgique où son jazz s’africanise au contact de la communauté congolaise en pleine effervescence. Le Congo belge devient indépendant en 1960. M. Dibango part pour Léopoldville, il dirige un club et lance le twist.

Au début des années 1960, son pays le Cameroun est en guerre civile, il rentre en France, il découvre le rythm and blues, des stars françaises de l’époque comme Dick Rivers ou Nino Ferrer l’engagent comme musicien. Dans les années 90, M. Dibango enregistre un album de reprises des plus grands tubes africains Wakaafrika, un voyage de Dakar à Cape Town. Youssou N’Dour, Salif Keita, Angélique Kidjo, Peter Gabriel y prennent part. D’autres albums verront le jour avec cet inventeur de la world musique.

 

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