Le Covid-19 complique davantage les perspectives de croissance du secteur secondaire 

Les chefs d’entreprises n’avaient pas fait montre de fortes ambitions en ce début d’année. A en croire les principales appréciations des chefs d’entreprises telles qu’elles ressortent des enquêtes de conjoncture réalisées par le HCP au titre du 1er trimestre 2020 auprès des entreprises opérant dans les secteurs des industries manufacturières, de l’extraction, de l’énergie, de l’environnement ainsi que dans celui de la construction, l’heure est à la stagnation, voire même à la baisse d’activité dans certaines industries.   

Loin de se douter d’une éventuelle pandémie,  les entreprises de l’industrie manufacturière s’attendaient à une stabilité de leur production. Ces anticipations seraient attribuables, d’une part, à une hausse de l’activité de la «Métallurgie» et de la «Fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et des équipements» et, d’autre part, à une diminution de celle de «Industrie chimique» et de la «Industrie automobile». 

Concernant les anticipations de l’emploi, les industriels prévoient globalement une stabilité des effectifs employés. 

S’agissant de l’industrie extractive, les entreprises de ce secteur prévoient une baisse de leur production. Cette évolution serait imputable principalement à une diminution de la production des phosphates. Au niveau des effectifs employés, les patrons de ce secteur prévoient une stabilité. 

La production énergétique attendue pour le 1er trimestre 2020, connaîtrait une stabilité attribuable à une stagnation de la «Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné». Pour ce qui est de l’emploi, il connaîtrait une augmentation. 

Pour le même trimestre, les entreprises de l’industrie environnementale anticipent une augmentation de la production notamment dans les activités du «Captage, traitement et distribution d’eau» et une stabilité des effectifs employés.  Les anticipations avancées par les chefs d’entreprises du secteur de la Construction, pour le 1er trimestre 2020, font ressortir, globalement, une légère augmentation de l’activité. Cette évolution résulterait de la hausse d’activité prévue au niveau de la branche des «Travaux de construction spécialisés». Cette hausse dans le secteur de la construction serait accompagnée par une stabilité des effectifs employés. 

Parer au pire 

Si l’épidémie du Covid-19 touche encore peu le Royaume, en termes de nombre de cas recensés, ses effets sur l’économie sont déjà palpables. Dans les prévisions de Bank Al Maghrib,  le rythme d’accroissement des activités non agricoles ralentirait à 2,9% en 2020, impacté en particulier par la dégradation des perspectives de la demande étrangère, en lien avec la propagation de la maladie Covid-19. 

Les liaisons maritimes et aériennes avec le principal partenaire, l’Union européenne,  étant fermées, les industries marocaines travaillant avec celles, presque à l’arrêt, du  Vieux continent, comme l’automobile, l’aéronautique ou encore la chimie vont rapidement se retrouver paralysées. L’exemple le plus récent étant le cas Renault qui a décidé la fermeture de ses usines, ce qui va aussi considérablement impacter tout l’écosystème industrielle  autour.  

Le Comité de veille économique,  qui a déjà annoncé des mesures de suppression de charges pour les entreprises, ainsi qu’un moratoire sur les remboursements des crédits bancaires, devrait également plancher sur l’impact et les mesures d’accompagnement de ces secteurs face à un arrêt brutal de la demande d’Europe.

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