Le Covid-19 étête les armées égyptienne et algérienne ! 

Le premier pays africain touché par le coronavirus impose un couvre-feu de 19 heures à 6 heures à ses 100 millions d’habitants. Une décision proclamée le mercredi 25 mars, un mois et demi après l’annonce d’un premier cas en Egypte. Tout contrevenant au couvre-feu instauré depuis deux semaines risque la prison. Tous les magasins, cafés et restaurants sont désormais fermés. Une décision précédée, quelques jours plus tôt, de celle des représentants religieux d’interdire aux fidèles l’accès des églises et des mosquées. Écoles et universités demeurent également closes.

Deux généraux proche d’Al Sissi succombent au Covid-19

La ministre de la Santé, Hala al-Sayed, continue d’assurer que la diffusion du Covid-19 « est sous contrôle ». Mais la mort, en moins de vingt-quatre heures, des généraux Shafie Dawoud et Khaled Shaltout a déclenché un vent de panique sur les réseaux sociaux et dans le pays en général. 

Des centaines de personnes sont même descendues dans les rues d’Alexandrie pour protester… contre le virus ! Les deux victimes, dont l’âge n’a pas été communiqué mais dont on pouvait remarquer les cheveux grisonnants, occupaient des postes clés dans le système al-Sissi au pouvoir en 2013.

Le premier général était chargé, au sein de l’autorité d’ingénierie militaire, des mégaprojets du chef de l’État, telle la construction d’une nouvelle capitale en plein désert. Le second dirigeait le département de l’eau au sein de la même agence parapublique. Des informations non confirmées évoquent le cas d’un autre général, lui aussi mort des suites du coronavirus. Pour rappel, il s’agit de deux cas sur plus de 1200 officiers supérieurs que compte le pays.

Les autorités ont tardé à reconnaître les faits. Pas de communiqué officiel détaillé, mais l’État a fait savoir aux médias que leur décès était intervenu « pendant le combat contre le coronavirus ». La formule, volontairement vague, laisse penser que les généraux ont pu contracter le Covid-19 dans les rues du Caire. 

À la mi-mars, l’armée a en effet déployé dans la capitale des soldats armés de vaporisateurs de désinfectant pour « stériliser » les grandes artères, la place Al-Tahrir ou encore les musées vides. Des opérations de communication considérées comme peu efficaces, voire inutiles, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), car le virus résiste très peu de temps dans l’air.

L’armée algérienne aussi…  touchée par le Covid

En Algérie, on signale la mort de deux officiers supérieurs des suites du Covid-19. Mohamed Ali, général major dans les forces aériennes, était chargé d’accueillir les Algériens de retour d’Europe et d’Asie. L’autre galonné serait à la tête des forces de défense antiaériennes. 

Le bilan de l’épidémie s’est alourdi ses dernières 24 heures en Algérie. Lors d’un point presse dimanche 29 mars à Alger, le directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, le Pr Djamel Fourar, a affirmé que 449 personnes contaminées par le coronavirus étaient actuellement hospitalisées dans différents établissements sanitaires à travers le pays. De plus, il a déploré 31 décès et signalé 31 guérisons.

D. Fourar avait précédemment informé que 36 wilayas étaient désormais touchées par le coronavirus et que plus de 400 personnes suspectées d’être porteuses du virus étaient en état d’isolement sanitaire en attendant de recevoir les résultats de leurs analyses.

Pour faire face au pire, l’Algérie a demandé de l’aide à la Chine qui entend y construire un hôpital. Pékin va construire un hôpital en Algérie pour prendre en charge des milliers de travailleurs chinois et algériens dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, indique ce lundi 30 mars l’agence officielle Xinhuanet. Elle donne également des informations sur l’équipe médicale dépêchée sur place vendredi 27 mars.

«Un petit hôpital de protection sera construit en Algérie pour fournir des services médicaux de prévention et de lutte contre l’épidémie [du coronavirus, ndlr] à environ 4.000 travailleurs chinois et 5.000 travailleurs locaux», écrit Xinhuanet.

Dans le cadre de ses efforts pour aider l’Algérie à lutter contre l’épidémie du Covid-19, la Chine a dépêché «une équipe médicale de sept membres et une équipe de travail de cinq membres», indique l’agence qui précise qu’elles «sont arrivées […] à Alger avec des fournitures médicales d’une valeur de 3,23 millions de yuans [455.000 dollars, ndlr]». «Ce lot contient 500.000 masques chirurgicaux, 50.000 masques N95 et 2.000 combinaisons de protection médicale, ainsi que 10 respirateurs pour les soins intensifs», informe-t-elle

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