Le Maroc enregistre 1.021 cas et 70 morts, le week-end où les verrous du Covid-19 ont sauté ! 

Dimanche, à 21h00, un nouveau contingent de contaminés au Covid-19 s’est ajouté à la liste. Les 31 nouveaux cas ont fait franchir au pays le cap du millier de cas officiellement recensés. Le nombre de rémissions s’est établi à 76, avec la déclaration de 5 nouvelles guérisons alors que le bilan des décès s’élève à 70, précise le ministère sur le portail « www.covidmaroc.ma ». On notera que dans le lot des disparus, trois médecins sont à déplorer alors qu’il faudra s’attendre à ce que les cas de contamination parmi ces soldats en blouse blanche s’inscrivent en hausse. Tels sont les risques encourus par ceux qui assurent leurs services en « front office ». 

Le ministère de la Santé précise aussi que le nombre des cas exclus après des résultats négatifs d’analyses effectuées au laboratoire s’élève à 3827, indique-t-on de même source.

Les 1.021 cas testés positifs ont été recensés dans les régions de Casa-Settat (295), Marrakech Safi (186), Rabat Salé Kenitra (181), Fès-Meknès (133), Tanger Tetouan Al Hoceima (78), l’Oriental (55), Daraa-tafilalet, (41), Beni Mellal-Khénifra (28), Souss-Massa (19), Laâyoune-Sakia El Hamra (4) et Guelmim Oued Noun (1), précise le site. Seule la région de Dakhla-Oued Ed Dahab ne figure pas dans ce triste tableau. 

La hausse des cas observée ces derniers jours est imputable, selon les responsables de la Santé, à deux facteurs, à savoir la transmission du virus au sein du milieu familial dans nombre de villes et le suivi médical des personnes contacts, au nombre de plus de 7000, ce qui a permis de détecter 192 cas positifs.

Dans cette « guerre biologique » imposée au pays, sans préparation préalable, il faut dire qu’avec le confinement décidé tôt, avec la promulgation de l’état d’urgence sanitaire, les décideurs ont évité des « erreurs mortelles ».  Ceci est d’autant plus vrai que l’infrastructure sanitaire, rachitique, était dans l’incapacité d’absorber et atténuer le choc sanitaire induit par le Covid-19. Voilà pourquoi la mobilisation reste entière pour élargir la capacité d’accueil des malades. Parallèlement à l’achat de près de « 200.000 tests rapides» livrés vendredi 3 avril, depuis la Corée du Sud, on prévoit l’intégration des CHU de Rabat, Fès et Casablanca, dès cette semaine, dans la sphère du dépistage du coronavirus. Ils renforceront ainsi les capacités réduites des laboratoires autorisés jusqu’à présent à effectuer les tests de dépistage au PCR, à savoir l’Institut Pasteur, l’Institut d’Hygiène de Rabat et le Laboratoire de l’Hôpital d’Instruction militaire Mohammed V de Rabat. Les CHU de Marrakech et d’Agadir entreront, eux aussi, dans la course… Cela permettra de livrer aux décideurs les données liées à l’ampleur de la pandémie dans le pays. 

Pour parer au pire, Casablanca, poumon économique et mégapole la plus populeuse du pays, va se doter d’un hôpital de campagne provisoire d’une capacité de quelque 700 lits. Samedi, les travaux de mise sur pied de cette structure ont été lancés sur une superficie de 2.000 m2 au site de la Foire internationale de la métropole (OFEC), le tout livrable en deux semaines. 

D’un coût de 45 MDH, le projet a été lancé à l’initiative des autorités locales de la région de Casablanca-Settat, en partenariat avec le Conseil de la région, les Conseils communal et préfectoral de Casablanca, ainsi qu’en coordination avec la direction régionale de la santé. Rien de plus normal puisque le pays ne dispose que de 1.700 lits de réanimation, pour moitié dans le secteur de la santé publique et le reste relevant du secteur privé.

 

Le gouvernement qui a injecté près de 2 milliards de Dh dans le secteur de la Santé, à partir du Fonds de solidarité ad-hoc, compte sur la mobilisation des hôpitaux publics (44 hôpitaux, dont les cinq CHU de Rabat, Fès, Casablanca, Marrakech, Oujda et Marrakech), ainsi que les établissements hospitaliers relevant des Forces armées royales (les hôpitaux de régions ainsi que les structures de santé montées à Benslimane et ailleurs). Ainsi que sur l‘apport du secteur privé. L’Association des cliniques privées affirme avoir mis à la disposition du ministère de la Santé près de 140 lits dont elle dispose dans plusieurs unités de soins intensifs, à Rabat et à Casablanca.

 

Le département fait savoir que compte tenu des circonstances exceptionnelles associées à l’état d’urgence sanitaire et des précautions qu’il impose, ce processus sera exécuté par étapes successives.

Mohamed Lyoubi, directeur de l’épidémiologie au ministère a estimé il y a quelques jours que « le modèle suivi semble indiquer qu’il y aura toujours une progression du nombre des cas, mais avec une tendance de l’allure de la courbe qui sera un peu plus aplatie. C’est donc les 4 prochains jours qui vont nous donner une meilleure précision par rapport aux projections relatives à l’évolution de l’épidémie». 

Croisons les doigts et voyons venir…

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