L’ONU a, enfin, sa résolution sur le Covid-19

Près de trois semaines après que la crise du coronavirus a touché l’Europe et New York, entraînant un début de confinement généralisé, l’ONU s’est exprimé pour la première fois publiquement presque d’une seule voix. Dépités par le manque de sens des responsabilités de la Chine et des États-Unis au Conseil de sécurité, le reste du monde a décidé de réagir.

Emmenés par Singapour, la Suisse, l’Indonésie, la Norvège, le Lichtenstein et le Ghana, 187 pays se sont accordés pour demander plus de coopération dans la lutte contre le coronavirus, et de relations multilatérales.

La résolution approuvée par consensus rappelle aussi la nécessité de respecter les droits humains durant cette crise, et dénonce toute réponse empreinte de racisme.

Enfin, le texte insiste sur le rôle central de l’ONU dans la crise sanitaire et économique qui est devenue mondiale, et met en avant le rôle du secrétaire général, approuvant ses appels répétés depuis dix jours. Antonio Guterres, parfois décrié pour son manque de position quant aux droits de l’homme, a multiplié recommandations et supplications pour créer des conditions de gestion de crise correcte. Une prise de position notable, même si elle manque d’écho dans ce contexte où le multilatéralisme est mis à mal.

Sur les 193 Etats membres de l’ONU, seuls cinq n’ont pas voté cette résolution : la Russie, la Centrafrique, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Ces pays ont coparrainé une « déclaration » proposée par Moscou qui se voulait concurrente de la résolution adoptée, parlant aussi de coopération mais en incluant une demande implicite de levée générale des sanctions internationales. Frappée par de telles mesures en raison du conflit avec l’Ukraine, la Russie considère qu’elles sont un frein à la lutte contre la pandémie. Une « déclaration » bloquée par Washington, Bruxelles et Londres.

À la différence du Conseil de sécurité de l’ONU, les résolutions adoptées par l’Assemblée générale ne sont pas contraignantes mais ont une forte valeur politique en fonction du nombre de pays qui les approuvent lors d’un vote ou les coparrainent lors d’une adoption par consensus.

On signale par ailleurs que malgré plusieurs tentatives, le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à se mettre d’accord pour parler d’une seule voix. La Chine et les États-Unis s’opposent notamment, Washington voulant souligner l’origine du virus. Neuf des quinze membres du Conseil ont demandé à nouveau une réunion sur le sujet.

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