Lutte contre le djihadisme dans le Sahel : Le Niger s’offre à la France

En communiquant directement avec les citoyens nigériens, le président M.Bazoum a mis l’accent sur les défis sécuritaires avec l’installation des forces Barkhane et européennes dans le nord de la région de Tillabéri. « Mes militaires sont 12 000 à être dans des opérations. Si à côté, je peux placer 600 à 700 Européens qui ont des hélicoptères et vont travailler avec eux… C’est ça l’esprit de Takuba. » Selon le président, ce partenariat serait avantageux pour les forces de sécurité : « Nous allons bénéficier de leur armement. Nous allons bénéficier de leurs capacités aussi parce que ce sont des armées d’élite. »
Pour le président, la première souveraineté est d’assurer la paix dans le pays : « J’ai pris cet engagement. C’est ma prérogative constitutionnellement reconnue ». Dans quelques jours, l’accord de coopération militaire entre le Niger et Barkhane sera soumis à l’Assemblée nationale. « Et on va demander à l’Assemblée nationale, s’ils sont d’accord avec l’arrangement que nous allons faire. Quand des partenaires seront disponibles pour venir nous aider dans la guerre que nous menons contre le terrorisme. » À lui tout seul, le parti au pouvoir (PNDS) compte 79 députés sur un total de 166.
Dans cette même conférence qui regroupait politiques, acteurs de la société civile et professionnels, le président a annoncé libérer des djihadistes de Boko Haram pour encourager la paix dans son pays. Selon le chef suprême des armées, des émissaires dépêchés par Niamey à Sokoto et à Birnin Kebbi au Nigeria ont pu discuter avec les djihadistes de Boko Haram. Et les négociations ont payé. Des émissaires de la république sont actuellement actifs dans plusieurs parties du pays pour tenter de ramener la paix.
La France mise donc sur le Niger comme principal point d’appui de sa ré-articulation de la lutte anti-djihadiste. Mais aussi sur le Tchad. À N’djamena où se trouve l’état-major de Barkhane, pas de changement majeur prévu. La coopération entre les armées tchadiennes et françaises se poursuit.
« Nous venons de rajouter une présence permanente de chasseurs, par exemple, et nous allons continuer en faisant évoluer le dispositif terrestre à l’horizon de l’été. Et ça, c’est avec l’armée tchadienne, en coopération avec eux, que nous allons le faire », poursuit général Laurent Michon. Le commandant de l’opération Barkhane affirme que le repli des bases de Ménaka, de Gossi et de Gao au Mali est en cours de préparation. Aucun délai n’est encore annoncé.

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