Manifs annulées à cause du Covid-19 : Le coup des Habous…

Pour conjurer le mauvais sort qui les frappe de plein fouet, gageons que nos pauvres mages ne sauront plus à quel saint se vouer en cette année baptisée, dans l’Empire du Milieu, là où le coronavirus s’est déclaré, « l’Année du Rat ». Déjà que le pauvre mammifère constitue l’objet de toutes les détestations chez-nous, on imagine mal comment les Hmadcha s’acharneraient sur cette espèce. Cela sans parler des Issaoua capables de déchiqueter un bovidé, voir même un camélidé, tout vif, encore sur pieds !

Les Cherkaoua et autres Boudchichi iront-ils jusqu’à couvrir de bénédiction la mesure décidée par un Ahmed Toufik qui n’ignore point l’histoire de la multitude de confréries que compte le pays et le « poids mort » qu’elles représentent dans tout élan moderniste voulu par le pays ? Où a contrario assistera-t-on à une résurgence des excommunicateurs qui font feu de tout bois dès lors que leurs intérêts risquent d’être touchés ?

Il faudra s’attendre à ce que beaucoup d’encre coule autour de cette « fatwa » du ministre des Habous et des affaires islamiques. D’autant plus que si jamais la pandémie s’accompagne des risques planétaires qu’elle fait courir à tous les pays, il faudrait s’attendre, sans risque de se tromper, à une autre mesure plus radicale : l’interdiction des prières en groupe. D’ores et déjà, bien des médias ont tenté de sonder l’opinion sur une telle perspective. Mais lorsque l’ordre étatique tombe, tel un couperet, on ne saurait se soustraire à sa dictature. Après tout, le Souverain pontifical n’a-t-il pas fui les foules ? En attendant, c’est le Latif qui sera promu par tous les fkihs au niveau de toutes les mosquées.

Face au Covid-19 qui est conjugué, par les temps qui courent, à toutes les sauces, il ne faut pas succomber aux galimatias des apprentis sorciers. Ceux qui assurent pouvoir lire dans les mains, sur les lèvres et dans les yeux la détresse d’une opinion qui a besoin de savoir. Il ne suffit pas de prétendre décoder le célèbre opus de Damiat pour s’assurer la prééminence face au discours de la raison. L’Etat doit savoir raison garder. Et fermer la porte face à tout ésotérisme ambiant qui chercherait à imposer son diktat. C’est autour de ce chapitre aussi qu’est attendu A. Toufik. Lui qui sait jusqu’où peut conduire l’inconsistance des dérives de l’eschatologie débridée…

 

 

 

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