Mobilisation tous azimuts contre la présidentielle: Le système algérien face au « tic-tac » du Hirak

À moins de deux semaines de la date fatidique du 12 décembre, jour prévu pour l’organisation de la présidentielle devant départager les cinq candidats du système en lice, le peuple algérien n’en finit pas de décolérer.

On est déjà au 41ème vendredi du puissant Hirak qui a ébranlé les certitudes d’un système quant à sa capacité à siphonner l’indignation massive par les ruses. La marche de vendredi a été marquée, à Alger la Blanche, par le déploiement massif des forces de l’ordre pour intimider les manifestants plus nombreux sous un ciel plus clément.
Passé midi, la police a chargé la foule en procédant à des arrestations et en tirant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

De quoi donner plus de crédit à la résolution adoptée la veille par le Parlement européen et qui appelle l’Etat algérien à œuvrer pour le dialogue au lieu de persister à emprisonner les manifestants.
Cette instance européenne a condamné, jeudi, « fermement les arrestations arbitraires et illégales ainsi que l’emprisonnement, les attaques et les intimidations de journalistes, syndicalistes, avocats, étudiants, défenseurs des droits de l’Homme et de manifestants pacifiques qui prennent part aux manifestations du Hirak ».
Pas de quoi faire reluire le blason d’un système qui s’acharne à rejeter toutes les offres pour débloquer la situation à l’exception de la sienne.
Voilà qui fait qu’à deux semaines du rendez-vous « capital » pour lequel s’investit Ahmed Gaid Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, les positions des uns et des autres restent des plus antagoniques.
Le système, sourd et aveugle face aux revendications du peuple, s’obstine à vouloir organiser le scrutin assimilé à l’unique sortie de crise. Alors que le hirak reste déterminé à faire avorter pareil dessein qui, assimilé à une ruse, tend à permettre le recyclage du système avec d’autres figures.
Résultat des courses, depuis dimanche 17 novembre, date à laquelle la campagne de la présidentielle a démarré, le semblant d’étiage voulu par le système n’a pas eu lieu.

Massivement, le Hirak n’a pas désarmé et a réagi en imprimant une nouvelle dynamique à ses manifestations de protestation devenues quasi-quotidiennes.
À chaque prestation publique d’un des cinq candidats en lice sur le terrain, la protestation est au rendez-vous quand bien même le pouvoir a tenté de « diviser » le peuple en deux. Malgré les arrestations, rassemblements nocturnes et initiatives de soutien aux détenus d’opinion se sont multipliés… Réduisant à néant les efforts du système quant à la mobilisation de ses partisans.
Pas moins de 140 personnes ont été jetées en prison depuis fin juin. Selon le Comité national pour la libération des détenus, le rythme des arrestations s’est particulièrement accéléré depuis le début de la campagne présidentielle.
La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme a d’ailleurs exigé l’ouverture d’une enquête, sur les allégations de maltraitances de détenus, pendant leur arrestation, et durant leur détention.

Le vote de la résolution à Strasbourg a constitué une gifle retentissante pour le système algérien qui cherche à se refaire une virginité aussi bien sur le plan interne qu’à l’étranger. En effet, c’est la première fois depuis le début du hirak, il y a neuf mois, que les autorités algériennes sont mises à l’index sur la scène internationale.

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