PLF 2022 : M. Benchaâboun présente le cadre global devant les élus

L’économie nationale devrait reprendre son élan avec un taux de croissance qui se situerait à 3,8% en 2023, avant d’atteindre 4% en 2024, d’après ce cadre général présenté par le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration.
Les enjeux liés à l’élaboration du PLF-2022 concernent principalement une augmentation des dépenses des fonctionnaires de 6,5 Mrds DH et celles de compensation de +3,5 Mrds DH. La préparation du PLF-2022 devra également tenir compte de la généralisation de la protection sociale (8,4 Mrds DH), de la réforme des secteurs de l’Éducation et de la Santé (1,8 Mrd DH), ainsi que de la consolidation des projets d’investissement en cours de réalisation (800 MDH). Dans la foulée, un ensemble de mesures devront être prises sur le plan des dépenses, avec l’impératif de la rationalisation de la gestion de l’administration et du financement de nouveaux projets.
Le PLF-2022 prend notamment en considération les exigences liées à la réforme progressive de la Caisse de compensation, conformément aux dispositions de la loi cadre relative à la protection sociale parallèlement à la généralisation des allocations familiales.
S’agissant des mesures devant être prises au niveau des ressources, il s’agit d’élargir l’assiette fiscale et l’amélioration de la perception dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de la loi-cadre relative à la réforme fiscale, d’asseoir de nouvelles ressources fiscales en vue de financer la généralisation de la protection sociale, ainsi que de poursuivre le développement des financements innovants.
Le cadre de référence de ce PLF-2022 porte sur la mise en œuvre des orientations contenues dans les discours royaux ainsi que les recommandations du Nouveau modèle de développement. Il fixe comme priorités la consolidation des bases de relance de l’économie nationale, le renforcement des mécanismes d’intégration et de généralisation de la protection sociale, le renforcement du capital humain et la réforme du secteur public et le renforcement des mécanismes de gouvernance.
Supervision bancaire :
Plombé par la Covid-19, le secteur boit la tasse
Le résultat net des banques s’est établi à 6,8 Mrds DH au titre de l’année 2020, en repli de 43,2% par rapport à 2019. Cette évolution est attribuable à la baisse de certaines activités pendant le confinement, la montée du coût du risque et les contributions au Fonds spécial pour la gestion de la pandémie de Covid-19, selon Bank Al-Maghrib.
Bank Al-Maghrib (BAM) vient de présenter la 17ème édition du rapport annuel sur la supervision bancaire au titre de l’exercice 2020.Ce rapport relate l’ensemble des mesures prises par la Banque centrale, au cours de l’année 2020 marquée par la crise sanitaire liée au Coronavirus, pour assurer un financement approprié de l’économie et soutenir le secteur bancaire.
Au plan de la politique monétaire, ces mesures ont porté sur la baisse du taux directeur de 75 points de base à un niveau historiquement bas de 1,5% et la libération intégrale du compte de la réserve obligatoire.Il s’agit, également, de l’élargissement du collatéral éligible aux opérations de recours par les banques aux avances de BAM et l’assouplissement des conditions de refinancement par la Banque Centrale des crédits bancaires aux Très petites et moyennes entreprises (TPME).
En outre, BAM a mis en place des lignes de refinancement à travers les banques pour couvrir les besoins des banques participatives et des associations de micro-crédit.Au plan prudentiel, BAM a introduit des allègements temporaires pour accompagner le secteur bancaire et consolider sa solidité. Ces mesures, conjuguées à de bons fondamentaux pré-crise, ont induit une bonne résilience du secteur bancaire, avec, à fin 2020, un ratio de solvabilité moyen de 15,7% et un ratio de fonds propres de catégorie 1 moyen de 11,4%, malgré une hausse de la sinistralité à 8,2% et une baisse des résultats bancaires de 43%. Résilience confirmée qui plus est par les résultats des stress tests effectués par les banques et par BAM au 2ème et 4ème trimestre de 2020.
Sur le plan de la liquidité, la situation des banques est restée confortable à la faveur des mesures prises par la Banque.Au plan de la supervision bancaire, la Banque a dû s’adapter au contexte de la crise sanitaire et économique à travers un monitoring des sources de risque prioritaires et une attention renforcée à tout ce qui touche la protection de la clientèle. La Banque a également finalisé une série de réformes réglementaires, décalées en raison de la crise, et qui ont été adoptées en 2021.
Par ailleurs, la crise pandémique a amené à booster le digital au niveau des services bancaires et à engager pleinement le secteur dans un processus de transition vers une finance écologique, durable et innovante.
Le résultat net chute de 43,2% en 2020
Plein de chiffres émaillent le rapport annuel sur la supervision bancaire au titre de l’exercice 2020. Ainsi, la banque centrale explique qu’après une hausse de 4,9% en 2019, le produit net bancaire (PNB) s’est maintenu à 49,5 Mrds DH, reflétant une hausse de la marge d’intérêt, une baisse de la marge sur commissions et une stagnation du résultat des opérations de marché.
Avec une part de 68% du PNB, la marge d’intérêt s’est améliorée de 3,4% à 33,5 Mrds DH, tirée par celle réalisée sur les opérations avec la clientèle, bénéficiant d’une baisse du coût des ressources collectées auprès de ladite clientèle et, dans une moindre mesure, par la baisse de la charge nette d’intérêt sur les opérations sur titres.
Le produit net d’intérêt sur les opérations avec la clientèle, composante prépondérante de la marge d’intérêt, s’est accru de 2,8% à 33,2 Mrds DH reflétant la progression des encours de crédit et une hausse limitée des intérêts perçus sur les crédits de 0,2% à 41 Mrds DH, dans un contexte de baisse du taux directeur et d’encadrement des taux d’intérêts assortissant les prêts garantis par l’Etat en relation avec la crise de Covid-19.
Pour leur part, les intérêts servis sur les dépôts ont baissé de 9,5% à 7,7 Mrds DH, sous l’effet de la montée de la part des dépôts non rémunérés à près de deux tiers des dépôts, conjuguée à une baisse des taux de rémunération de l’épargne. Le produit net d’intérêt sur les opérations avec les établissements de crédit et assimilés a reculé de 1,4% à 1,1 Mrd DH, reflétant une baisse des intérêts servis sur les emprunts de 8,5% à 3,2 Mrds DH, plus prononcée que celle des produits perçus sur les prêts de 6,7% à 4,3 Mrds DH.
Tout en restant négatif, le produit net d’intérêt sur titres de créance s’est atténué d’un solde de 990 MDH à 802 MDH. Cette évolution traduit une hausse des intérêts servis sur les titres de créance émis de 6,9% à 3,9 Mrds DH, atténuée par une progression de 16,6% des intérêts perçus sur les titres détenus à 3 Mrds DH.
La baisse de certaines activités due aux mesures de protection sanitaire a induit une contraction de la marge sur commissions de 4,7% à 7,3 Mrds DH, reflétant un recul des commissions perçues de 5,9%. A ce titre, les commissions perçues sur prestations de services ont totalisé 7,8 Mrds DH, marquant un recul de 4,7%, en relation avec la baisse des commissions sur moyens de paiement de 4,1% à 2,8 Mrds DH.
Pour leur part, les commissions perçues sur fonctionnement de comptes se sont stabilisées à 1,6 Mrd DH, alors que les commissions sur les prestations des services de crédit ont baissé de 2,6% à 524 Mrds DH et celles perçues sur ventes des produits d’assurance se sont contractées de 5,4% à 330 MDH. Le résultat des activités de marché s’est stabilisé à 8,4 Mrds DH, reflétant une baisse du résultat des opérations sur titres de transaction de 3,3% à 5,4 Mrds DH et du résultat des opérations de change de 1,8% à 2,8 Mrds DH H. A l’inverse, le résultat sur titres de placement a augmenté de 47,6% à 330 MDH et celui sur produits dérivés, tout en demeurant négatif, est passé de 261 MDH à 131 MDH.

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