Pour endiguer le Covid-19, le Maroc est toujours sous « cloche »

Autant dire que la pandémie persiste dans le pays. Même si le nombre total des cas exclus après des résultats négatifs d’analyses effectuées en laboratoire s’élève à 2726, souligne la même source. Car le nombre global de tests de dépistage réalisés dans l’ensemble du pays reste modique, en dépit de l’augmentation constatée cette semaine, puisqu’il n’a pas dépassé le seuil de 3402 cas. Les responsables de la Santé imputent cet état de fait aux 

capacités insuffisantes de dépistage qu’elles soient d’ordre matériel et/ou humains. Une question nodale se pose dès lors avec acuité : le pire est-il derrière nous ou, a contrario, devant nous ? 

Il est fort à propos de relever, dans ce cadre là, la mobilisation dont fait preuve l’armée déployée sur le terrain aussi bien pour faire respecter l’état d’urgence décrété que pour venir en aide aux structures sanitaires incapables de gérer, à elles seules, un pic critique de la pandémie dans le Royaume. Face à cette crise, les services des Forces armées royales (FAR) qui ont déjà appelé au recrutement des infirmiers et autres auxiliaires de la santé, pourraient faire appel aux réservistes du secteur de la santé. Les retraités des services de la santé des FAR (médecins, infirmiers et autres techniciens) pourraient être appelés à reprendre du service pour appuyer les staffs médicaux qui font face à l’épidémie du nouveau coronavirus.

La courbe aplatie espérée

Certes, les responsables publics qui gèrent la crise la tête dans le guidon ne crient pas à la catastrophe. Il y en a même qui espèrent une amélioration de la situation sanitaire dans le pays. Il en va ainsi pour le directeur de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé, Mohamed El Youbi, lequel a affirmé mercredi, à la MAP, s’attendre à « un aplatissement de la courbe de l’évolution des cas testés positifs au coronavirus », pour peu que les citoyens observent scrupuleusement les mesures de confinement.

« On s’attend à un aplatissement de la courbe de l’évolution des cas. On l’espère à condition que les mesures de confinement soient respectées scrupuleusement par les citoyens même à l’intérieur de leur domicile », a-t-il souligné dans un entretien à l’agence MAP. Mais ledit responsable fait aussi dans la nuance en soulignant qu’il est « prématuré » d’avancer des prévisions sur l’épidémie pour les prochains jours, « puisqu’elles relèvent de projections fondées d’habitude sur des suppositions qui pour la plupart ne sont pas très précises ». C’est pourquoi, a-t-il dit, « tout modèle que nous utilisons se base sur des incertitudes et donne une évolution avec un intervalle de confiance ».

Pour le moment, le modèle suivi semble indiquer qu’il y aurait toujours une progression du nombre de cas mais avec une tendance de la courbe qui va être un peu plus aplatie compte tenu de l’impact des mesures instaurées dans le pays, confinement en tête. Le directeur a notamment cité la fermeture des écoles, l’interdiction des grands rassemblements, puis l’instauration de mesures de confinement total. « C’est l’évolution des quatre ou cinq jours à venir qui va nous donner une meilleure précision par rapport aux projections que nous faisons par rapport à l’évolution de l’épidémie au Maroc », a-t-il assuré.

Prié de dire si le ministère s’attend à une évolution similaire au scénario de certains pays européens, le responsable a relevé qu’il s’attend « à une allure certes progressive de l’épidémie, mais la courbe ne va pas monter jusqu’à un pic comme ce fut le cas pour un certain nombre de pays ».

En ce qui concerne le protocole médicamenteux mis en place, point de certitude non plus de la part du responsable. « Il est prématuré de dire que les résultats de la Chloroquine seraient concluants », a relevé M. El Youbi qui se déclare ravi de voir le nombre de guérisons augmenter pour atteindre 10 cas pendant la seule journée de mardi.

Le ministère de la Santé, a-t-il dit, est en train d’analyser avec finesse toutes les données pour établir un lien entre, d’une part, le début d’utilisation du protocole basé sur la Chloroquine et les médicaments associés et, d’autre part, l’augmentation du nombre de guérisons.

Le directeur a d’autre part indiqué ne pas s’attendre à un grand recours à l’automédication par chloroquine « parce que son utilisation a été réglementée ». « La prescription et la délivrance de ce médicament obéissent à un certain nombre de critères », a-t-il expliqué, soulignant dans la même veine que « tous les cas détectés sont pris en charge en milieu hospitalier ».

Comments (0)
Add Comment