Regain de tension en RDC: L’abcès mortel de Beni

Après une nouvelle journée de colère mardi dans plusieurs villes de l’est de la RDC, la Monusco a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur la mort d’un manifestant à Beni.
La population proteste depuis plusieurs jours contre l’inaction de la mission onusienne alors que les incursions des groupes armés ont fait près de 80 victimes civiles depuis le début du mois de novembre.

La tension s’est diffusée mardi dans les environs de Beni.
À Butembo, les jeunes ont dressé des barricades pour bloquer les axes principaux de la ville. Une voiture a été incendiée et un manifestant blessé par un tir est décédé à l’hôpital dans la matinée.

À Goma, la capitale du Nord-Kivu, aussi, des échauffourées ont éclaté près des locaux de la mission des Nations unies. Les activités académiques ont été suspendues.

Enfin, la population s’est de nouveau mobilisée à Beni. Comme la veille où cinq personnes avaient été tuées, elle s’est rendue devant les locaux de la Mission des Nations unies. Un manifestant a été tué après une confrontation violente avec les casques bleus.
Selon la chef de la Monusco Leila Zerrougui, citée dans un communiqué, « le jeune homme aurait été tué dans un échange avec les Casques bleus alors qu’il s’apprêtait à lancer un cocktail molotov ».
La Monusco a annoncé mercredi une enquête. « Les éléments que nous avons nous font dire que ce sont les casques bleus qui sont responsables de la mort de ce jeune homme », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Monusco.

Pas moins de dix-neuf corps ont été retrouvés mercredi 27 novembre à Maleki, à une dizaine de kilomètres de la cité d’Oicha, dans le territoire de Beni, selon les derniers chiffres donnés par les sources onusiennes.
Les victimes ont été achevées à la machette par des présumés combattants ADF.
Cette énième tuerie intervient deux jours après des manifestations violentes à Beni contre la Monusco.

Plus de cent personnes tuées depuis le 30 octobre dans au moins quinze attaques. La Monusco insiste sur une approche plus globale pour lutter contre ces violences:
« Il y a un ensemble d’acteurs à Beni, les ADF mais aussi d’autres groupes armés, qui vivent de l’économie de la guerre et qui ont intérêt à ce que l’instabilité et l’insécurité continuent de régner. »

Pendant ce temps, l’installation du quartier général avancé des Forces armées de la RDC (FARDC) à Beni (Nord-Kivu) commence à se mettre en place.

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