Riyad espionne les acteurs onusiens : Pegasus au service de la guerre contre le Yémen

C’est le seul mécanisme international d’enquête sur les violations des Droits humains dans la guerre au Yémen : le groupe d’experts des Nations unies a rendu ces dernières années des rapports pointant les crimes de guerre des belligérants, parmi lesquels la coalition commandée par l’Arabie saoudite.
Le Tunisien K. Jendoubi, défenseur des Droits de l’Homme et ancien ministre, a été nommé en 2017 à la tête de ce groupe d’experts onusiens. Et selon les journaux du consortium chapeauté par Forbidden Stories, c’est en 2019 que son téléphone a été infecté par le logiciel israélien Pegasus. Les analyses du smartphone ont été effectuées par le Citizen Lab de l’Université de Toronto et par le Security Lab d’Amnesty International.
Le projet Pegasus de Forbidden Stories révèle depuis cette année l’ampleur du cyber-espionnage de la part des États qui ont acheté ce logiciel espion. Et selon ces médias, c’est l’Arabie saoudite qui est à l’origine de cette tentative visant K. Jendoubi. Le royaume wahhabite est cité dans d’autres cas d’espionnage via Pegasus ; des proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi auraient ainsi été visés par le logiciel avant et après la mise à mort de ce dissident à même le consulat saoudien à Istanbul, en octobre 2018. Les autorités de Riyad ont toujours démenti avoir fait usage de Pegasus.
Quant au groupe d’experts sur le Yémen, son mandat a été interrompu en octobre dernier. À l’époque, plusieurs organisations de défense des Droits humains avaient dénoncé les efforts déployés par l’Arabie saoudite pour mettre fin aux travaux de ce comité.
Les révélations se succèdent à propos du logiciel espion de la société israélienne NSO. L’espionnage de diplomates américains en Afrique a ainsi été récemment découvert. Les États-Unis ont placé l’entreprise sur liste noire depuis novembre dernier.

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