Tension mortelle en Irak: Les manifestants ne désarment pas…

Plus de 30 manifestants sont morts jeudi 28 novembre dans le sud de l’Irak, dans des affrontements avec les forces de l’ordre.
Les violences ont franchi un nouveau palier ces derniers jours, y compris à Bagdad.

Des tirs de balles résonnent régulièrement dans la rue Al Rasheed, dans le centre-ville de Bagdad. Depuis plusieurs jours, cette rue historique de la capitale irakienne prend des airs de ligne de front.
Un peu plus loin, les manifestants escaladent les murs de protection qui les séparent des forces de sécurité, pour leur lancer des pierres ou des cocktails Molotov.
En retour, des tirs résonnent, une nouvelle fois, provoquant un mouvement de panique parmi les protestataires.
Selon un bilan établi par l’AFP, 380 personnes sont mortes dans tout le pays depuis deux mois de tension. Bilan qui s’alourdit par les 15 000 blessés.

Malgré les nombreuses victimes, les manifestants ne se démobilisent pas à Bagdad. Pourtant, jeudi, plus de 30 manifestants sont décédés dans des affrontements avec les forces de l’ordre dans le sud du pays.
Pour tenter de contenir la violence qui s’est déchaînée lors d’une des journées les plus meurtrières en deux mois de contestation, les autorités ont limogé un général qu’elles avaient initialement dépêché pour « rétablir l’ordre ».

À Nassiriya dont est originaire le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, au moins 25 manifestants ont été tués et plus de 200 blessés en quelques heures, après l’arrivée des renforts de la police depuis Bagdad, selon des médecins. Mais les manifestants ne se replient pas. Ils ont d’abord incendié un QG de la police puis encerclé le commandement militaire de la province où se trouvent les ruines de la ville antique d’Ur.
Ils ont formé par milliers un cortège funéraire aux « martyrs » dans le centre-ville, défiant un couvre-feu imposé plus tôt.
Là, ils ont crié qu’ils resteraient « jusqu’à la chute du régime ».
Des dizaines de combattants tribaux en armes se sont eux déployés sur l’autoroute venant de Bagdad, déterminés ont-ils dit, à empêcher l’arrivée de plus de renforts.

Plus au nord, dans la ville sainte chiite de Najaf, visitée chaque année par des millions de pèlerins iraniens, des centaines de manifestants ont brûlé puis investi le consulat iranien mercredi tard le soir, aux cris de « Iran dehors ! » et « victoire à l’Irak ! ».
Jeudi, trois manifestants ont été tués par balles près du consulat, selon des médecins.

Bagdad a dénoncé des personnes « étrangères aux manifestations » voulant « saper les relations historiques » entre l’Iran et l’Irak, d’avoir incendié le consulat.
Téhéran a réclamé « une action décisive ».

Les violences ont aussi touché Kerbala, l’autre ville sainte chiite, où des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre.

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