Un virus cible les tomates: Les horticulteurs européens voient rouge !

Un virus émergent et particulièrement virulent est déclaré ravageur pour les tomates, poivrons et piments.
En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) est alertée au plus haut point. Surtout qu’aucune parade n’a encore été trouvée contre ce fléau.

Les horticulteurs s’inquiètent face à l’émergence d’une maladie virulente qui menace leurs champs. Il s’agit du Tomato Brown Rugose Fruit Virus, ou ToBRFV, particulièrement dangereux pour la culture des tomates, poivrons et autres piments.
Ce virus est apparu pour la première fois dans le village d’Ohad au sud d’Israël en 2014, et s’est rapidement étendu à la Jordanie, où il est repéré en 2015 sur des tomates sous serre… Depuis, la liste des pays infestés s’allonge pour englober le Mexiques, les USA, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume Uni, la Grèce, les Pays Bas… L’alerte a été donnée aussi en Turquie et en… Chine !

«C’est un virus très inquiétant, car si l’on connaît bien le genre auquel il appartient, il n’existe à ce jour aucun traitement ni aucune variété résistante au ToBRFV», explique Philippe Reignault, directeur de la santé médicale à l’Anses. « Et la gamme des dégâts observés va de 10 % à 100 % des plantations. Pour un producteur professionnel, même un faible seuil est catastrophique !»

Appartenant à la famille des tobamovirus, ce «virus du fruit rugueux brun de la tomate» est spécialisé, c’est-à-dire que seuls les tomates, les piments et poivrons, mais aussi les aubergines, les pétunias, le tabac et les plantes sauvages y sont sensibles.
Il ne présente aucun danger pour l’homme (on peut consommer sans risque une tomate infectée), mais l’homme est en grande partie responsable de sa propagation.
Le virus pénètre dans la plante par des microblessures provoquées par tout contact physique avec un porteur: d’autres plantes infectées bien sûr, mais aussi les mains du jardinier, ses outils de travail (couteaux, sécateurs), ses vêtements, des insectes pollinisateurs, des oiseaux… Une fois dans la plante, il se propage de cellule en cellule jusqu’à l’envahir totalement.
Les fruits, mais aussi les plants et les semences vont rester infectieux pendant des mois, sur tout type de support, ce qui explique la propagation du virus à travers la planète.

Seule parade possible, la décontamination totale de la serre et/ou du sol.
L’Allemagne et les États-Unis ont pris des mesures drastiques pour l’éradiquer.
Les autres pays touchés n’ont pas encore réussi.

L’Agence recommande aux autorités françaises d’étendre la réglementation déjà en vigueur aux fruits infectés, et de garantir que les plants importés proviennent tous de régions connues pour être indemnes du virus. Elle plaide également pour un renforcement des contrôles, et la mise en place d’un plan de surveillance.
Il est «crucial, écrit l’Agence, de signaler rapidement la présence » du virus dans les aires de production, afin d’engager au plus vite « une action rapide et déterminée d’élimination.»

On reconnaît ce virus par le motif en mosaïque qu’il laisse sur les plus jeunes feuilles, la tête, les pousses et sur les tomates. Les fruits peuvent présenter des taches jaunes, jusqu’à des lésions brunes, des nécroses telles qu’elles empêcheront la commercialisation.

On ignore encore comment ce virus est apparu.
L’un des scénarios envisagés par les chercheurs est que le ToBRFV existait à l’état naturel chez des plantes sauvages, et se serait transmis à des plantes cultivées. Il est aussi possible qu’un autre virus ait muté dans une version très agressive… Contre laquelle il n’existe, pour l’heure, aucun traitement, qu’il soit de biocontrôle, chimique ou génétique.

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