Vive tension en Palestine occupée : Tel-Aviv cherche à renouer avec les « assassinats ciblés »

La dépouille de W. Al-Sharif, 23 ans, mort le 14 mai des suites des blessures infligées trois semaines auparavant lors de heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées, a d’abord été transportée dans la soirée du 16 mai à travers l’esplanade où ont été brandis des drapeaux palestiniens, puis vers un cimetière aux abords de la Vieille Ville, située à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël, a constaté l’AFP. Lors de la procession, les affrontements avec la police israélienne ont fait 71 blessés, notamment par des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes, selon le Croissant rouge palestinien. Treize personnes ont été hospitalisées.

De son côté, la police israélienne a fait état de 15 arrestations lors de «violentes émeutes» initiées par des centaines de personnes «qui ont jeté des pierres, des bouteilles, des briques et d’autres objets lourds» en direction des forces de sécurité israéliennes. Six policiers ont été blessés lors des affrontements, a précisé la police dans son communiqué.

Plus de 50 Palestiniens de Jérusalem ont été arrêtés, a de son côté affirmé le Club des prisonniers palestiniens, organisation de défense des détenus écroués par Israël.

Ces nouveaux heurts surviennent sur fond de violences persistantes dans les Territoires palestiniens et en Israël. Dans la matinée du 17 mai, l’armée israélienne a fait état d’une tentative d’attaque au couteau contre des soldats à l’entrée de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Les soldats ont ouvert le feu, a précisé l’armée. L’assaillant a été blessé à la jambe, selon des sources médicales israéliennes. Ces violences font suite à la charge de la police israélienne lors des funérailles le 13 mai de Shireen Abu Akleh, journaliste palestino-américaine tuée la semaine dernière lors d’une opération israélienne en Cisjordanie, ayant provoqué un tollé international.

L’arme des liquidations

Par ailleurs, et face à la montée en puissance de la résistance palestinienne, l’armée d’occupation israélienne étudie ces jours-ci un retour à la politique d’assassinats par hélicoptères de combat dans la région de Jénine, après l’arrêt de ce type d’attaque depuis l’Intifada d’Al-Aqsa.

Selon la télévision israélienne Kanal 12, l’armée envisage d’avoir recours aux hélicoptères de combat et à d’autres moyens, dans le but de contrôler la situation critique à Jénine. Sauf que ce serait jouer avec le feu…

Cette information intervient après qu’un commando d’une unité d’élite de la police d’occupation a été tué lorsque les forces d’occupation ont essuyé des tirs nourris de la part des résistants lors d’un assaut vendredi 13 mai dans la région de Jénine. La même source a indiqué que « l’utilisation de tels moyens n’est pas facile dans les zones peuplées, mais la réalité sur le terrain à Jénine ne laissait pas d’autres options à l’armée (d’occupation) que d’avoir recours à de nouveaux moyens de confrontation ».

Il convient de noter que les forces d’occupation israéliennes n’ont pas réussi à arrêter le résistant Mahmoud al-Dab’i du camp de Jénine qu’après 5 heures d’affrontements.

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