Washington tente d’isoler Moscou : En neutralisant Pékin…

Lors d’un point de presse, Z. Lijian a dit que « si les États-Unis veulent prouver la sincérité de leurs activités, pourquoi ne pas ouvrir ces laboratoires biologiques à des experts internationaux ? » Et de décrire l’activité militaro-biologique en Ukraine comme « une source de préoccupation pour la communauté internationale », prenant à son compte les informations russes sur la présence de plusieurs dizaines de laboratoires biologiques en Ukraine, opérant sous les ordres du département d’Etat américain de la Défense.
Selon le ministère russe de la Défense, l’objectif de la recherche biologique, financée par les États-Unis en Ukraine, était de créer un mécanisme secret de propagation d’agents pathogènes mortels. Il a estimé qu’ils ont dépensé plus de 200 millions de dollars pour les travaux de laboratoires biologiques sur le sol ukrainien
Cette réaction de Pékin intervient à l’heure où des discussions entre Jake Sullivan, conseiller étasunien à la sécurité nationale, et le chef de la diplomatie chinoise à Rome ont duré sept heures. Cet échange taxé de « franc et intense », selon Washington n’a pas permis de faire baisser la tension. Bien au contraire : les États-Unis en ressortent avec un sentiment de profonde préoccupation selon les mots d’une source haut placée au sein de la Maison Blanche qui fait le constat d’un alignement de la Chine et de la Russie sur la question de la guerre en Ukraine.
Rien de plus n’a plus filtré sur le contenu de cette rencontre mais la veille sur les médias américains, le conseiller à la Sécurité nationale mettait Pékin en garde contre toute tentative visant à aider la Russie à compenser les sanctions économiques. Selon le renseignement américain, Moscou est au bord du défaut de paiement et aurait demandé une assistance militaire et économique à Pékin.
Selon un câble diplomatique envoyé par les États Unis à leurs alliés, la Chine serait tentée de soutenir la Russie dans sa guerre en Ukraine et ainsi de rompre son isolement sur la scène internationale. Une perspective qui fait craindre aux États Unis le retour d’une logique de bloc avec une alliance des régimes autoritaires face aux démocraties occidentales.
Pékin a fermement démenti les récentes allégations de Washington – faites sous couvert d’anonymat – selon lesquelles la Russie aurait demandé l’aide militaire et économique de la Chine pour mener son opération spéciale en Ukraine, a fait savoir Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point de presse lundi 14 mars, repris par l’agence TASS.
Les allégations à ce sujet diffusées par les Etats-Unis sont de « fausses informations», a déclaré le diplomate. «Actuellement, il est essentiel que toutes les parties fassent preuve de retenue, contribuent à désamorcer la situation et ne jettent pas de l’huile sur le feu, [mais plutôt] favorisent un règlement diplomatique de la question et non son escalade», a ajouté le diplomate chinois. Z. Lijian a également souligné que la position de la Chine sur l’Ukraine était cohérente et claire, en assurant que Pékin aurait toujours joué un rôle constructif dans le processus d’établissement de la paix et de progression des négociations.
Cité par l’agence Reuters, le porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington Liu Pengyu a lui aussi démenti les affirmations américaines : «Je n’ai jamais entendu parler de cela.» «La situation actuelle en Ukraine est effectivement déconcertante. La grande priorité aujourd’hui est d’empêcher que la situation tendue ne s’aggrave ou même ne devienne incontrôlable», a-t-il déclaré dans un courriel à Reuters.
Des responsables US, cités anonymement par le New York Times le 13 mars, ont en effet assuré que Pékin avait été sollicité par Moscou afin de lui fournir de l’équipement militaire mais aussi une aide économique pour surmonter les sanctions internationales. Une affirmation reprise ensuite en cascade par les médias américains, dont le Financial Times et le Washington Post.
Si rien d’autres que des sources anonymes ne viennent étayer ces allégations, elles interviennent surtout alors que J. Sullivan, doit rencontrer le 14 mars à Rome Yang Jiechi, haut responsable du parti communiste chinois pour la diplomatie. Les deux hommes devrait discuter «des efforts en cours visant à gérer la compétition entre [les] deux pays et discuteront de l’impact de la guerre de la Russie contre l’Ukraine pour la sécurité régionale et mondiale», selon Emily Horne, porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche citée par l’AFP.

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