Appui turc à Daech : WikiLeaks remet une couche

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Ce n’est plus la presse turque qui dénonce les accointances entre Ankra et Daech. Mais c’est WikiLeaks qui confond le président turc Recep Tayyip Erdoganqui se fait actuellement passer pour le chantre de la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient. Comment ? En rendant publics, le 5 décembre, des documents, des mails pour l’essentiel, accablants. Ces données l’accusent d’avoir permis à Daech d’exister et d’étendre son territoire. Les 57 934 mails, mis en ligne par le site de Julian Assange, appartiennent à Berat Albayrak, le gendre du président turc. Ils mettent notamment en lumière les relations troubles entre Albayrak, les élites économiques turques et Daech à travers Powertrans, une compagnie pétrolière ayant alors bénéficié d’une dérogation à l’embargo imposé à toutes les autres sociétés pétrolières concernant les importations comme les exportations de pétrole en Turquie, notamment en provenance des régions sous contrôle du groupe terroriste.
Les mails en question remontent précisément à la période durant laquelle Berat Albayrak était ministre de l’Energie. Donc Tayyip Erdogan ne pouvait pas ne pas savoir. Le site RT qui rapporte l’information rappelle qu’à l’apogée de son extension en 2015, le groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI) contrôlait une dizaine de champs de pétrole tant en Irak qu’en Syrie. Le commerce de l’or noir représentait alors près d’un quart de ses revenus, soit, selon les estimations, entre 350 et 600 millions de dollars par an.
En avril 2016, après la libération du champ pétrolier de Jabisah, dans la province d’Al Hasakah (Hassaké) au nord-est de la Syrie, RT rappelle qu’elle avait d’ailleurs dévoilé, dans une série de documentaires, les dessous des circuits d’exportation de pétrole via la ville syrienne de Raqqa, puis via la Turquie.
Les journalistes de RT avaient pu consulter des documents abandonnés par les terroristes de l’EI en déroute et découverts par les Kurdes qui illustraient de manière flagrante comment l’Etat islamique se livrait à un trafic de pétrole avec la Turquie. Parmi ces documents, des bilans comptables montrant la quantité de pétrole extraite des puits aux mains des terroristes, les prix du baril et les profits obtenus de sa vente. On y trouve aussi des listes de transport, détaillant le nom du conducteur, le poids du camion à vide et la quantité de pétrole transporté.
Le sceau de Daech avait été apposé sur chacun de ces documents. Il a pu être établi également que la plupart des résidants du village travaillaient pour l’industrie pétrolière de Daech et vendaient le pétrole raffiné à des intermédiaires de Raqqa, d’Alep et de Turquie. Le marché juteux permettait aussi d’acheminer des vivres et des armes à l’organisation terroriste. Des membres des forces de défense kurdes (YPG) ont par ailleurs mis la main sur de nombreux passeports turcs, ouzbeks et kazakhs.
La plupart des passeports pris aux combattants de Daech portent des tampons des douanes turques. Preuve s’il en est de la grande «porosité» de la frontière syro-turque. D’après des documents de Daech, dont RT se dit être en possession et qui portent sur la vente de pétrole en janvier 2016, des conducteurs de camions-citernes achetaient du pétrole à l’EI à un prix variant entre 12 et 26 dollars le baril. Il s’agissait de pétrole provenant de plusieurs gisements. Rien que le 23 janvier, Daech a vendu 383 barils de pétrole du champ pétrolier de Kabiba pour 4979 dollars à raison de 13 dollars le baril.

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