Armes nucléaires à portée intermédiaire: Washington en veut à Moscou et à…Pékin !

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Armes nucléaires à portée intermédiaire Washington en veut à Moscou et à…Pékin !

La Russie soumettra à l’Onu un projet de résolution défendant le FNI pour notamment tester la réaction de la communauté internationale sur la sortie des USA de ce Traité. «La Fédération de Russie soumet aujourd’hui au premier comité de l’Assemblée générale de l’Onu un projet de résolution en soutien au Traité. On verra comment les pays, dont les alliés des États-Unis, vont se comporter dans cette situation. Qu’est-ce qui prendra le dessus: le souci de sécurité ou la solidarité des alliés?», a indiqué  Sérgeï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, dans une interview accordée à la chaîne télévisée Perviy. «On va avoir des raisons de boire du champagne si nous arrêtons la destruction de l’architecture de la sécurité internationale poursuivie obstinément par l’administration Trump», a ajouté le vice-ministre.

Le 24 octobre, le Président Vladimir Poutine a déclaré qu’il voulait évoquer avec son homologue américain Trump la décision de Washington de se retirer du Traité FNI. La rencontre bilatérale à Paris, lors de la commémoration du centenaire de l’armistice de la Grande guerre représente une opportunité. Car l’hôte de la Maison Blanche ne s’est pas seulement attiré l’ire de Moscou et de Pékin. Le 20 octobre, le Président américain a été désapprouvé par plusieurs capitales, en annonçant sa volonté de sortir du traité FNI. Plus tôt, Bruxelles, Paris, Berlin, Rome, Vienne et Madrid avaient exprimé leur préoccupation face à cette initiative US. Le Kremlin a de son côté averti que cette démarche rendrait le monde «plus dangereux», mettant en garde contre une nouvelle course aux armements et promettant une riposte symétrique. La Russie avait pourtant transmis aux États-Unis des données concernant le missile 9M729 que la partie américaine évoque pour justifier sa sortie du document, a affirmé S. Riabkov. «Aux étapes plus précoces des discussions, nous avons remis à nos collègues américains des informations complètes concernant la période et la portée atteintes par ce missile lors des tests. Qui plus est, lors des manœuvres militaires Zapad-2017 de l’année dernière, un nouveau tir de ce missile a été effectué avec une portée largement inférieure à 500 km», a ajouté le diplomate lors de l’émission «Bolchaïa igra» («Grand jeu») sur la chaîne Perviy.

Les États-Unis ont invoqué ce système pour justifier samedi dernier l’annonce de leur retrait d’un document de désarmement majeur, conclu pendant la guerre froide. Et V. Poutine a réagi en annonçant qu’il n’excluait pas la possibilité d’une riposte au cas où l’Europe accepterait de déployer sur son sol des missiles américains. A ses yeux, les pays européens «devront comprendre qu’ils s’exposent à une possible réponse sur leur propre territoire. Je ne comprends pas s’il est nécessaire d’amener l’Europe à un tel degré de danger. En réalité, je ne vois aucune raison à cela», a souligné le Président russe.

En annonçant son intention de sortir de cet accord, le Président américain a accusé Moscou de ne pas le respecter, mais a également exigé de lier par des engagements la Chine, qui n’est pas partie prenante au Traité. Et avant d’en arriver là, a-t-il menacé, Washington continuera d’accroître son arsenal nucléaire. En visite dans la capitale russe, le conseiller de la Maison Blanche à la Sécurité nationale, John Bolton, a défendu la décision de D. Trump en assurant que les États-Unis n’avaient pas d’intention de déployer de nouveaux missiles en Europe dans un avenir proche, comme ce fut le cas en 1983. Mais pourquoi alors chercher à dénoncer le document si ce n’est pas pour s’armer? Et où installer alors les missiles dont la portée est limitée à 5.500 km, ce qui est de loin inférieur à la distance entre la Russie et les États-Unis?

 

Signé le 8 décembre 1987 par le Président américain Ronald Reagan et le secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev, le Traité FNI visait à détruire en trois ans les missiles d’une portée de 500 à 5.500 km.

Le Kremlin a dénoncé la perspective d’une nouvelle «course aux armements», faisant savoir que la Russie défendrait sa sécurité nationale. Le ministre russe de la Défense, a pointé du doigt le «niveau inédit depuis la guerre froide» que l’activité militaire de l’Otan a atteint près des frontières russes. Assurant que Moscou ne voudrait pas se laisser entraîner dans une course aux armements, il a tout de même affirmé que l’intention de la Pologne de déployer sur son territoire une division blindée permanente de forces américaines pousserait la Russie à «prendre des mesures de riposte pour neutraliser une éventuelle menace militaire».

Impossible que Trump ignore les conséquences du retrait américain. Qui plus est, la posture adoptée par Washington est pour le moins obscure. John Bolton a reconnu que les États-Unis n’avaient pas eux-mêmes encore élaboré leur position quant au retrait ni à la nouvelle version du Traité FNI. Les autorités américaines n’ont pas non plus déposé de note attestant de leur sortie, ce qui aurait pu donner l’espoir qu’il ne s’agissait que d’une nouvelle manœuvre d’intimidation censée donner des points à Trump lors des élections de mi-mandat prévues le mois prochain. Or, après deux jours de négociations avec le conseiller de la Maison-Blanche à la Sécurité nationale, le Kremlin a apporté des précisions. «De ce que nous avons pu comprendre, la partie américaine a pris la décision et formalisera sa sortie dans un avenir proche», a déclaré ce mercredi le porte-parole de la présidence russe.

Compte tenu du nombre de traités internationaux dont Donald Trump a réussi à se retirer en à peine deux ans de présidence, il ne serait pas étonnant que le Traité FNI ne soit pas le dernier dans cette liste.

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