Assemblée Générale de la Fédération Royale Marocaine de Football

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Triste pantalonnade !

Tant attendue, l’Assemblée Générale Ordinaire de la FRMF (Fédération Royale Marocaine de Football) aeu lieu le 9  à la Salle de Congrès de Skhirat, là où l’on  avait organisé le grenelle sur le sport en octobre 2008. Une AGO qui ne porte que le nom. Triste pantalonnade pour ne pas parler pure de mascarade.
Depuis l’indépendance du Maroc, la FRMF est une raison de commis d’Etat et non de l’Etat qui n’a jamais décrété via son Conseil des ministres ses choix stratégiques. C’est d’abord pour acculer l’Exécutif (Conseil de Gouvernement) à  doter le sport d’un véritable plan de développement qui se moule sur les choix stratégiques arrêtés par le Conseil des ministres et in fine accompagner le mouvement sportif pour atteindre les objectifs escomptés en terme de performance sportive. Mais tout va encore à l’envers pour ne pas dire que tout change pour que rien ne change dans le Royaume. C’est le cas du football marocain, une discipline budgétivore, qui génère la sinistrose sur fond de contre-performances récurrentes et de l’opacité d’une gouvernance surannée !

Même constat pour le ministère de la Jeunesse et des Sports, censé être le régulateur, il s’est métamorphosé en tremplin pour des politicards qui ont réussi à le vider de ses compétences et à y instaurer l’impéritie comme ordre !

A la FRMF, on continue à confondre torchons et fourchettes car statutairement, une Assemblée Générale Ordinaire se tient d’abord à l’issue d’une saison sportive et non en mi-saison de la troisième saison en cours. Sans parler de rapports moral et financier disproportionnés dans le temps et dans l’espace. En rappelant aussi que les rapports de la première saison commencent le 1er janvier 2014, l’actuel Comité Directeur Fédéral n’avait été élu qu’en avril 2014 !

Une AGO, c’est aussi la délibération sur un bilan moral et financier d’une seule saison sportive et non de deux bilans. Face à des textes moux, ces « neutrons législatifs » qui plombent le sport,  les uns comme les autres s’offrent des dérapages voire des transgressions.

Le volet financier est l’autre question nodale qu’on esquive d’une manière éhontée. Pourtant, à la tête de la FRMF, on trouve qui plus est un commis d’Etat qui occupe le poste de directeur de budget de l’Etat dont l’incompatibilité et l’abus sont flagrants. Avoir présenté des comptes audités par un organisme privé est une chose, mais savoir si ces deniers publics ont été dépensés conformément aux statuts et en vertu d’un règlement financier, si règlement financier il y a,  en est une autre. Et quoi qu’en dise, la comptabilité de la FRMF n’a jamais été conforme à la législation en vigueur, notamment l’arrêté du ministre des Finances et les articles 32 bis et ter du dahir des Libertés Publiques du 15 novembre 1958. En vertu de ces textes, c’est l’IGF (Inspection Générale des Finances) à qui le législateur a confié d’établir des cahiers comptables pour chaque association qui reçoit périodiquement une subvention d’un montant supérieur ou égal à dix milles dirhams. Ironie du sport, comment l’IGF va le faire pour la FRMF alors que son association professionnelle est présidée par M.Fawzi Lekjaâ, lui-même président de la FRMF.

Pour les chiffres du rapport financier, communiqués lors de l’Assemblée Générale Ordinaire, il serait inutile de s’appesantir là-dessus car y insister mordicus, c’est comme si vous cherchiez une aiguille dans une botte de foin.  En 18 mois, la FRMF a dépensé la bagatelle de 850 millions de dirhams sans compter les milliards de centimes destinés à doter une centaine de pelouses de stades de gazon synthétique, d’éclairage et de Centres de formation et dont le coût global a été estimé à 1,5 milliard de dirhams ( 150 milliards de centimes).  Cette somme astronomique comme celle de l’organisation du mondial des clubs de football (Edition 2014) voire de 2013 dont le COL avait été présidé par l’ex-ministre, Mohammed Ouzzine, a été éconduite dans un soi-disant compte spécial alors que le contrat qui lie la FRMF aux financeurs publics stipule que l’argent doit être viré au compte bancaire de la FRMF.

Bref, on pourrait parler de tout sauf d’une AGO ou de la reddition des comptes. Ce fut un simulacre d’AGO où l’on a essayé d’aliéner l’opinion publique sportive en simulant le limogeage du sélectionneur du onze national avant de l’officialiser le lendemain, d’avoir même arrêté la date de l’AGO, le jour de la clôture de la session hivernale du Parlement pour éviter de s’attirer les foudres des députés et pour que l’opinion publique ne focalise pas son attention sur ces milliards  sans résultats !

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