Avec le Louise Michel, Banksy vogue au secours des naufragés de la Méditerranée

Alors que son œuvre artistique déchaîne les passions et s’arrachent à prix d’or, le street-artiste Banksy s’est toujours montré très discret. Mais en décidant de financer un navire de sauvetage en mer Méditerranée, il rompt avec sa retenue qui fait sa marque de fabrique pour capter la lumière médiatique. Mais ce n’est point le renforcement de sa notoriété qui est recherché mais plutôt le sauvetage des vies en mer et au passage la mise à l’index de la lâcheté des États à gérer ce problème récurrent.

0
Avec le Louise Michel, Banksy vogue au secours des naufragés de la Méditerranée

Discret comme à l’accoutumée, Banksi s’est lancé dans une opération humanitaire d’une rare générosité. Joignant le geste à la parole, c’est lui qui finance un bateau de sauvetage en mer. Long d’une trentaine de mètre, le « Louise Michel » est certes plus modeste en taille, comparé aux autres bateaux de sauvetage des migrants, mais il a l’avantage d’être plus rapide.  … En partie peint en rose, il a été agrémenté par Banksy, qui y a dessiné une fillette en gilet de sauvetage comme le montrent les photos exclusives de nos confrères du Guardian. 

« Nous sommes tous : Antifascistes, féministes et anarchistes »

Si le bailleur de fonds se distingue par son originalité, l’équipage choisi pour mener les opérations l’est tout autant. A bord, c’est le règne de la gente féminine. En effet, seules les femmes, à leur tête Pia Klemp, une accoutumée de ce type d’opération depuis des années à bord du Luventa et du Sea-Watch 3, ont le droit de prendre la parole. Contactée en toute discrétion par Banksy il y’a presque un an, c’est elle qui s’est démenée entre Londres, Berlin et Borriana en Espagne pour donner corps à ce projet. 

N’ayant jamais la langue dans sa poche, P. Klemp estime que « le sauvetage en mer n’est pas seulement une démarche humanitaire, mais c’est aussi un combat antifasciste ». Les membres de son équipage que l’on imagine choisis se revendiquent tous, activistes dans l’action humanitaire, antifasciste et favorables à la convergence des luttes pour la justice sociale, les droits des femmes et des LGBTQ. Avec un tel background, il n’est pas étonnant que le bateau soit baptisé du nom de Louise Michel, grande anarchiste française du XIX siècle : 

A peine en mer, le voilà débordé ! 

Après avoir appareillé à la mi-août, le Louis Michel est déjà en situation délicate puisque le nombre personnes secourues dépasse largement ses capacités d’accueil : 219 naufragés sont à bord et 33 sont amarrés dans un canot de sauvetage. Devant l’impossibilité de mener à bien sa mission, l’équipage a lancé ce matin un SOS qui, au moment où nous écrivons ces lignes, n’a toujours pas trouvé d’écho alors qu’il est seulement à une centaine de kilomètre au sud de Lampedusa !  

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus