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B. Netanyahu rattrapé par la corruption : Quid du « Dossier 1000 » ?

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L’étau judiciaire se resserre autour de Benyamin Nétanyahou et de ses proches. Lundi, à 18 heures, des enquêteurs de la police israélienne opérant au sein d’une cellule spéciale de l’Unité 433 (l’équivalent du FBI aux Etats-Unis) se rendirent à la résidence officielle du Premier ministre pour l’interroger en tant que témoin assisté. Selon les investigations menées officieusement depuis 2016, Nétanyahou aurait, depuis le début des années 2000, bénéficié d’une série de faveurs financières émanant de milliardaires israéliens ou non. Des «amis» qui lui auraient offert, ainsi qu’à son épouse et à ses fils, des voyages en jet privé, de luxueux séjours à l’étranger, voire de l’argent.
Les enquêteurs cherchent donc à établir si ces cadeaux étaient désintéressés ou si le «dossier 1 000» (nom de code sous lequel ils ont débuté leurs investigations) va déboucher sur une affaire majeure de corruption qui pourrait valoir au chef du gouvernement une inculpation pour «abus de confiance». Et entraîner sa démission (comme ce fut le cas avec Ehud Olmert en 2008) ainsi que son procès.
Parmi les personnes citées comme «sponsors» de Nétanyahou et de sa famille figure le milliardaire américain Ron Lauder, fils de la cosméticienne Estée Lauder et président du Congrès juif mondial, Arnaud Mimran, homme d’affaires français condamné à Paris à huit ans de prison, en juillet, pour avoir, avec une série de complices dont certains se sont réfugiés en Israël, participé en 2008-2009 à une escroquerie à la taxe carbone. Certes, le leader du Likoud n’est pas mêlé à cet enfumage. En outre, il bénéficie de la présomption d’innocence. Cependant, même s’il dénonce «l’acharnement des médias» à son égard et multiplie les communiqués affirmant que «personne ne trouvera rien parce qu’il n’y a rien», il paraît plutôt fébrile ces derniers temps. Parce qu’il sait que l’Unité 433 a engrangé une cinquantaine de témoignages à charge, expliquant comment lui et l’un de ses fils ont perçu des dons dont ils devront expliquer la raison.
Avant de recevoir les enquêteurs pour le premier interrogatoire, il a d’ailleurs constitué une équipe d’avocats dirigée par Yaakov Weinroth, ténor du barreau.
Depuis qu’il a été élu une première fois Premier ministre en 1996, Nétanyahou a déjà subi quatre enquêtes judiciaires dont il s’est sorti indemne. Ces derniers mois, son épouse Sara a également eu des ennuis judiciaires, soupçonnée d’abus de biens sociaux et de détournement de fonds. La femme du Premier ministre aurait ainsi pioché dans les caisses publiques, afin de payer un électricien qui aurait fait des travaux dans la villa de la famille Nétanyahou à Césarée, pour l’achat de meubles de jardin ou encore pour couvrir les dépenses relatives aux soins de son père.
Mais le «dossier 1 000» est d’un autre niveau. De celui qui risque de leur coûter leur carrière, voire un séjour derrière les barreaux. L’enquête a en effet été ordonnée par le procureur général Avishaï Mandelblit, un magistrat nommé par Nétanyahou et qui passe pour être particulièrement prudent. Cet automne, lorsqu’il a autorisé la police à mener une simple «information judiciaire», Mandelblit ne cachait d’ailleurs pas se lancer dans cette histoire avec des pieds de plomb. A l’époque, il avait d’ailleurs prévenu les policiers qu’il ne les autoriserait à passer à l’étape suivant (l’enquête proprement dite) que si les résultats de leurs premières recherches «contenaient des chances raisonnables de déboucher sur une inculpation».
Cela semble être le cas. Et cela explique, par exemple, pourquoi certains ministres du Likoud, qui passaient leur temps à défendre Nétanyahou, se font plus discrets. Cette prudence s’explique aussi par le fait que le «dossier 1 000» n’est pas le seul qui colle au dirigeant.

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