La bataille de Mossoul a démarré : Daech enterré en Irak ?

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« Les opérations pour libérer Mossoul ont commencé », a déclaré le Premier ministre irakien Haider al-Abadi dans une allocution à la télévision irakienne diffusée dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 octobre. Une décision qui aurait été prise pour éviter que des fuites puissent profiter aux djihadistes retranchés dans la ville. Quelque 30.000 soldats irakiens sont postés aux abords du dernier bastion de l’Etat islamique dans la province irakienne de Ninive. Turques, kurdes, Iraniens, Américains ou encore Français participent à l’offensive pour nettoyer Mossoul de Daech. Cette coalition anti-Daech a en face aux quelque 5.000 djihadistes, comme l’on laissé entendre les estimation de la coalition. Mais il faut croire que des « passages » ont été aménagés pour que les leaders de Daech puissent fuir leur fief de Ninive à destination du territoire syrien. Un arrangement qui aurait été négocié avec les USA et l’Arabie Saoudite pour sauver la mise à un corps expéditionnaire appelé à alimenter la tension ailleurs. Cet ailleurs étant, pour l’heure, la Syrie.
L’Irak compte sur la mobilisation de 20.000 de ses soldats, formés et appuyés par des conseillers américains, pour envahir la ville, qui compte 1,5 million d’habitants. La police fédérale et locale, ainsi que les redoutées forces d’élite du Service de contre-terrorisme entreront avec l’armée dans les rues de Mossoul, perçant sur plusieurs dizaines de kilomètres le territoire sous contrôle de l’EI. Mais la police fédérale est soupçonnée d’avoir été noyautée par des milices chiites et accusée d’exactions contre des civils à Fallouja.
Si la tactique est d’encercler Mossoul avant de lancer l’assaut final – tactique déjà employée à Tikrit et Ramadi, respectivement reprises en mars 2015 et février 2016 -, l’armée irakienne a besoin d’un dispositif de soutien plus important. Ainsi, des milliers de combattants kurdes irakiens progressent depuis ce lundi en direction de villages tenus par des djihadistes à l’est de Mossoul.
Le commandement général des forces kurdes a indiqué dans un communiqué que « près de 4.000 peshmergas participent à l’opération à Khazir sur trois fronts pour nettoyer les villages environnants occupés par l’EI. » Cette avancée a été coordonnée avec les forces irakiennes fédérales qui progressent par le sud de Mossoul, et est soutenue par l’aviation de la coalition internationale. En parallèle, plusieurs milices chiites prendront part à la reprise de Mossoul. Celles-ci répondent pour la plupart aux ordres de l’Iran et se rangent derrière l’organisation paramilitaire Hachd al-Chaabi, qui a déclaré son intention de participer à l’opération. Parmi ces différents bataillons, on retrouve les Brigades de la paix, la Ligue des vertueux, ou la plus importante, la Brigade Badr qui arbore le drapeau de l’imam chiite Hussein.
Si la coalition internationale est la bienvenue dans cette opération d’envergure, retardée par les nombreuses dissensions entre les différentes forces impliquées, il y a lieu de souligner que Bagdad a brandi son veto à la participation de la Turquie, pays qui fait cavalier seul, à cette campagne. Mais la Turquie n’a pas l’intention de rester sur le banc des observateurs. Le président turque, Recep Tayyip Erdogan, l’a rappelé lundi matin à la télévision : « Nous ferons partie de l’opération, nous serons à la table. Il est hors de question que nous restions en dehors. » Soucieux de limiter la montée en puissance des Kurdes à sa frontière, de contenir l’influence des chiites et de restaurer son influence passée sur la région de Mossoul et ses richesses, Ankara n’entend nullement lui échapper une occasion lui permettant de réaffirmer son leadership régional. Des soldats turcs sont présents sur une base militaire près de Mossoul et au Kurdistan. Une position turque qui pourrait conduire à une confrontation avec les Irakiens qui ne cachent plus courroux d’un voisin des plus envahissants.

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