Benkirane installé dans le doute : Il envisage des élections anticipées

« Le secrétaire général du PJD, Abdalilah Benkirane, va être désigné pour constituer le prochain gouvernement ». Voici une « vérité » qui ne fait aucun doute pour cet homme comme la victoire de son parti. Cependant, il y a un « mais », A. Benkirane redoute de plus en plus de ne pas trouver avec qui former une coalition. Faisant au passage allusion à des élections anticipées avant même le scrutin du 7 octobre, Benkirane semble, pour la première fois, accepter l’idée de son départ. Un retour à l’évidence 
Le chef de file des frères qui s’exprimait dimanche dans un meeting organisé à Taroudant a dit à ses sympathisants qu’ « après sa victoire, le Roi va le recevoir et il s’adressera ensuite aux partis politiques en leur proposant de former un gouvernement et s’il échoue, il fera appel à la rue pour trancher ». « Quand « Sidna » (le Souverain) va m’appeler pour constituer le gouvernement et eux (les partis) vont me dire « non », je me tournerais une nouvelle fois vers vous et le peuple aura le dernier mot ». Autant dire que Benkirane fait allusion à des élections anticipées pour avoir une majorité relative ou théorique… La preuve Benkirane ne voit pas d’intérêt « si c’était à refaire de refaire la même expérience du mandat qui a expiré officiellement aujourd’hui avec la tenue du dernier Conseil de gouvernement. « Il ne serait pas judicieux de faire partie d’un gouvernement qui connaît des tensions et des conflits (..) n’ayez pas peur de ceux qui disent, nous n’allons pas faire coalition avec Benkirane. Donnez-moi les voix et laissez-moi me débrouiller ».
Un Benkirane gagné par l’incertitude, ce n’est pas du tout habituel. En suivant ses déclarations depuis le début de la campagne, on se rend compte qu’il a commencé à se rendre à l’évidence que son maintien au sommet du gouvernement est synonyme de risques pour le pays. Pour la première fois, il a évoqué et à maintes reprises son départ. Lors du meeting de Marrakech, qui a connu la participation de Hamad Kabbaj, il s’est adressé à la foule en disant « avec ou sans moi, vous devez aller de l’avant et jusqu’au bout ». Dans un récent entretien qu’il a accordé à la chaîne Al Arabi (pro frères musulmans), le SG du PJD a fait allusion à l’éventualité d’un choix royal qui ne portera pas sur lui. « Si jamais le peuple accorde au PJD la première place et si Sa Majesté me désigne pour former un gouvernement, car s’il est tenu de choisir une personnalité du parti arrivé premier, il n’est pas obligé de désigner son secrétaire général… Alors je continuerai mon action ». A travers ces déclarations, il cherche à passer plusieurs messages. D’abord, qu’il prend désormais en compte qu’une partie des Marocains ne l’accepte plus et qu’il envisage que le choix du Souverain tombe sur un autre. En un second lieu, Benkirane et ses frères semblent envisager sérieusement cette éventualité. Pour eux si ce n’est pas le numéro 1 du PJD qui est nommé, c’est sans doute le second qui le sera. C’est de Dr Saadeddine Elotmani qu’il s’agit. L’incertitude règne donc au sein du PJD. Mais il n’est pas le seul. Son infaillible allié, le camarade Benabdellah lui commence à douter. « On ne sait plus rien. Tout le monde travaille avec le PAM. Qu’est-ce qu’ils veulent faire. Je ne sais pas ». Ces sources ont affirmé qu’El Haj Benabdellah a manifesté de sérieux doutes quant à la capacité de son allié le PJD a remporter la première place et a dit que tous les signaux vont dans le sens d’une victoire du PAM.

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