Benkirane justifie l’explosion de la dette

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Après avoir échoué durant son mandat à inverser la vapeur au sujet de la dette qui suit depuis 2008 une tendance haussière, le gouvernement vient d’ajouter en cette fin de mandat une autre promesse à sa longue liste de vœux pieux : « Le taux d’endettement devrait reprendre son trend baissier à partir de 2017 ». Parole d’Abdelilah Benkirane !

Ayant battu des records dans les recours massifs à l’endettement (extérieur comme intérieur), le gouvernement piloté par le PJD a choisi cette fin de mandat pour rassurer les électeurs quant à l’explosion de la dette, promettant un retour vers une tendance baissière. Nul besoin de rappeler que la dette publique du Maroc équivalait à 72% du PIB (582 milliards de dirhams juste avant sa nomination fin 2011 est passée à 81,4% du PIB en 2016 (environ 800 Mrds Dhs). Répondant à une question sur « la gestion de la politique publique dans le domaine de la dette extérieure et son impact sur l’investissement public », A. Benkirane qui s’exprimait, mardi, à la Chambre des Conseillers a indiqué que « le taux d’endettement, dont le rythme de hausse annuel s’est contracté à 0,6 point du PIB en 2015, contre 3,9 points entre 2009 et 2013, devrait réemprunter son trend baissier à partir de 2017 ». Lors de cette séance mensuelle sur la politique générale du gouvernement, A. Benkirane a rappelé qu’en 2015, l’encours de la dette extérieure du trésor s’est établi à 140,81 Mrds Dhs, soit 14,3% du PIB, alors que la dette extérieure des établissements publics et entreprises publiques a atteint près de 160 Mrds Dhs, soit 16,3% du PIB, cela sans parler de la dette intérieure. Explosion de cette dernière oblige. Notons à ce propos que les derniers chiffres de la TGR font état d’une hausse de 1,2% à fin mai de la dette intérieure à 477,6 Mrds Dhs comparativement à fin 2015.
Voulant se dédouaner de la responsabilité, A Benkirane a fait porter ce recours inouï à la dette au Parlement en assurant que ces décisions font suite « à un accord explicite et annuel auprès du Parlement, dans le cadre de la loi de finances, qui détermine les besoins annuels en financements et autorise le gouvernement à lancer des emprunts dans la limite du montant énoncé par le budget général ».
Le secrétaire général du PJD qui défendait son bilan avait dévoilé devant l’hémicycle qu’ « une partie de la dette était réservée dans son début de mandat (2012 et 2013) aux dépenses de fonctionnement » a justifié l’appel continu à la dette par les dépenses croissantes en matière de financement des programmes de développement économique et social. Or, si les dépenses de fonctionnement se sont inscrites depuis ce temps (2013) sur un trend baissier, il ne faut toutefois pas trop s’en réjouir, car cette baisse n’a pas profité aux dépenses d’investissement (gelés à maintes reprises), mais plutôt aux dépenses de la dette. Celles-ci sont passées de près de 14% en 2013 à 23% en 2014.
In fine, A. Benkirane a estimé que l’endettement « ne constitue pas un problème en lui-même, à condition de veiller à acheminer exclusivement les financements mobilisés vers des investissements productifs ». Ce qui ne fut aucunement le cas durant son mandat.

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