The news is by your side.

Bilan du GCP : Stagnation problématique…

16
A la veille de la réunion des chefs d’Etat à la conférence climatique de Marrakech (COP22), le Global Carbone Project (GCP), un consortium scientifique de l’université britannique d’East Anglia a dévoilé son bilan annuel. Les émissions mondiales de CO2, principal gaz à effet de serre relâché par les activités humaines, ont stagné en 2015, et devraient rester stables en 2016. Bref, on est face à tassement qui reste insuffisant pour freiner l’emballement de la machine climatique. Sans un changement de modèle énergétique, le plafond de 2 °C de réchauffement que s’est fixé la communauté internationale pourrait être dépassé.
En 2015, les émissions de dioxyde de carbone issues de la combustion de ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz) ainsi que des cimenteries se sont élevées à 36,3 milliards de tonnes (gigatonnes ou Gt), au même niveau qu’en 2014. Ce chiffre, note l’étude, « marque une rupture claire et inattendue par rapport à la forte progression des émissions (+ 2,3 % par an) au cours de la décennie 2004-2013 ». En 2014, la hausse avait déjà été contenue à 0,7 %. Pour 2016, une augmentation modérée de 0,2 %, à 36,4 Gt, est prévue par les experts. Bien entendu, il s’agit là d’un bilan parcellaire puisqu’il ne prend pas en charge les émissions dues aux changements d’affectation des sols, en particulier à la déforestation. Ce sont ainsi 4,8 Gt de CO2 (soit 1 Gt de plus que la moyenne annuelle de la précédente décennie) qu’il faut additionner au total, qui s’établit alors à 41,1 Gt.
« Après trois années d’augmentation modérée, il est possible que la trajectoire des émissions mondiales se décorrèle de manière permanente et à long terme du rythme de la croissance », écrivent les chercheurs. L’explication d’une telle trajectoire tient en la baisse de consommation du charbon par la Chine Le premier pays pollueur de la planète, responsable à lui seul de 29 % des émissions mondiales, a réduit ses rejets de 0,7 % alors qu’ils avaient grimpé de plus de 5 % par an au cours de la décennie antérieure. Dans le même temps, les émissions des Etats-Unis, qui pèsent pour 15 % du total, ont diminué de 2,6 %, en raison là aussi d’un recul de la part du charbon, remplacé par du pétrole et du gaz, moins nocifs pour le climat. A l’inverse, en Europe, qui pèse pour 10 %, les émissions sont reparties à la hausse (+ 1,4 %) après une longue décrue.
Il y a lieu de noter que la sobriété charbonnière de la Chine est contrebalancée par la forte croissance des émissions de l’Inde à plus 5,2 %, dans la lignée de la hausse continue des dernières décennies. Pour les experts, c’est principalement des deux géants asiatiques que dépendra la courbe future des gaz à effet de serre d’origine humaine. Tout cela est à nuancer au regard du degré d’incertitude des données et de leur fiabilité.
Malgré cela, les scientifiques rappellent que le nivellement des rejets carbonés de l’humanité n’empêche pas que les gaz à effet de serre continuent de s’accumuler dans l’atmosphère. « En 2015, le niveau de CO2 atmosphérique a dépassé 400 parties par million (ppm), 44 % au-dessus des niveaux préindustriels, soit le niveau le plus élevé depuis 800 000 ans », rappellent-ils. Autrement dit, chaque année, un supplément de 20 milliards de tonnes de CO2 est injecté dans l’atmosphère. Un bilan qui reste partiel puisque seul le dioxyde de carbone est pris en compte et non pas l’ensemble des gaz à effet de serre (dont le méthane). Dès lors, la concentration de CO2 dans l’atmosphère pourrait battre un nouveau record en 2016, indiquent les chercheurs, à cause de la moindre efficacité du puits de carbone que constitue la végétation, mise à mal par la sécheresse provoquée par le phénomène El Niño dans les régions tropicales. Pour que le thermomètre ne s’affole pas en enregistrant deux échelons de plus, il faudrait « une réduction des émissions de 0,9 % par an jusqu’en 2030 », indiquent les chercheurs.
Autrement calculé, le « budget carbone », c’est-à-dire la quantité de carbone que l’humanité peut encore relâcher sans s’exposer à la surchauffe, diminue comme peau de chagrin. D’où le SOS lancé par les scientifiques : « Nous avons déjà utilisé plus des deux tiers du quota d’émissions permettant de maintenir le réchauffement inférieur à 2 °C. A ce rythme, le quota d’émissions restantes sera épuisé dans moins de trente ans, voire moins si l’objectif est de ne pas dépasser 1,5 °. »
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :