Blocage politique et optimisme partisan: Les Marocains imperméables…

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Les commentateurs politiques n’inventent pas la poudre pour qualifier la bien nommée crise gouvernementale qui perdure depuis près de 5 mois. Ils se contentent de répéter à l’envi ce que le chef de gouvernement désigné qualifie de « blocage ».
Pour mieux surfer sur les tiraillements partisans pour expliquer jusqu’à la dernière vibration constatée au niveau de la surface du marigot politique. Nul besoin de rappeler, à ce sujet, la disgrâce de l’Istiqlal, allié juré du PJD, qu’il soit dans la majorité gouvernementale ou en dehors du partage des portefeuilles ministériels (dixit H. Chabat), et ce qu’elle a fait couler comme encre. Comme il serait aussi inconvenant de revenir sur les errements de l’USFP qui, sous les coups de boutoir d’un D. Lachgar des plus décomplexés, a trouvé du bon à composer avec l’ennemi idéologique juré d’hier… Les principes pouvant se dissoudre dans l’espace-temps d’un quinquennat assimilé à un « just in time » des plus requinquants pour la vieille Bicoque socialiste qui menace ruine… électorale.
Les regards des uns et des autres se sont tournés, d’un coup magique, vers le RNI qui, en changeant de tête, a commencé à ruer dur dans le brancard.
Au point de donner le tournis au leader historique du PJD qui croyait que la majorité des voix et des sièges qu’il a pu glaner aux législatives (à quel prix est-on tenté de dire au regard de l’absence de tout bilan remplacé, au pied levé, par discours victimaire monté en une immense pièce qui fleure bon le fameux «autoritarisme) le blindent contre la quête d’une majorité…
Pourtant, dans tout ce fatras, nos politiques qui font tout et rien à la fois pour ne pas se faire oublier continuent à nourrir l’espoir. Ils affichent tous autant qu’ils sont un optimisme de bon aloi face aux perspectives qui se profilent à l’horizon.
A. Benkirane assure que « la mauvaise passe » actuelle n’a pas de quoi démoraliser qui que ce soit (le message étant dédié à ses troupes) et qu’il reste optimiste quant à l’aboutissement de ses tractations avec A. Akhannouch. Ce dernier qui n’hésite pas à faire partager ses sourires entendus aux plus téméraires des observateurs irradie par l’optimisme qu’il affiche face à la gestion de crise. Une façon de dire que ce serait peine perdue que de désigner une « cellule » en charge du fameux « blocage ». Idem du côté d’un M. Laenser qui galvanise ses troupes à l’heure où les meilleurs déchiffreurs du marc assurent que le gouvernement a tout pour être constitué d’ici avril prochain. Couleuvre ou poisson ?
Dans les lacs déployés par les analystes et observateurs, les uns empruntant aux autres les meilleures formules à vendre à une opinion désabusée, il faut dire que la pêche reste maigre. Encore heureux que le Ciel ait fait preuve de clémence pour redonner le vrai espoir à une population lassée de toutes les jérémiades que les politicards laissent entendre ici et là. Un peuple sur lesquels tout semble glisser sauf l’essentiel qui peine à voir le jour : un projet de société mobilisateur.
Les Marocains, et c’est aux politiques de l’entendre comme il se doit, restent imperméables aux vétilles. Ils ne croient qu’à l’essentiel. Qui osera le prendre en charge ?

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